Le 28 août dernier, Paris a accueilli la première « université d’été de la monoparentalité », un événement marquant qui a réuni des mères isolées désireuses d’élaborer des propositions concrètes en vue de la prochaine présidentielle. Ces familles, souvent en situation de précarité, réclament une meilleure protection et un statut qui reconnaisse leurs spécificités.
EN BREF
- 80% des familles monoparentales sont dirigées par des mères seules.
- Les mères isolées vivent un risque de pauvreté 4,6 fois plus élevé que celles en couple.
- Un livre blanc sera envoyé aux candidats pour faire connaître les propositions de l’association Moi et mes enfants.
Lors de cet événement, Olivia Barreau, fondatrice de l’association Moi et mes enfants, a mis en lumière les défis auxquels font face ces familles. Elle a souligné que un tiers des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, une situation alarmante qui nécessite des mesures urgentes. « Il y a un besoin de reconnaissance. Il est absolument urgent de mettre en place un statut qui légitimise un peu les situations et la singularité de la situation lorsqu’on est en famille monoparentale », a-t-elle affirmé.
Les difficultés rencontrées par les mères célibataires sont exacerbées par la séparation, qui entraîne des défis financiers considérables. « Lorsqu’on se retrouve seul à la tête de son foyer, c’est un seul salaire, c’est des difficultés d’accès au logement ou pour le garder », a-t-elle ajouté.
Des propositions concrètes pour la présidentielle
L’un des principaux objectifs de l’association est d’améliorer le système des pensions alimentaires, essentielles pour ces familles. Olivia Barreau a plaidé pour un versement automatique de ces pensions, accompagné d’une revalorisation tous les deux ans afin de mieux répondre aux besoins des enfants.
Elle a également dénoncé l’injustice fiscale entourant les pensions alimentaires : « C’est ubuesque et injuste que la personne qui touche la pension alimentaire se retrouve à la déclarer comme un revenu alors que celle qui la verse peut défiscaliser. » Cette situation, selon elle, pourrait faire basculer de nombreuses mères dans des tranches d’imposition qui ne leurs seraient pas applicables autrement.
Ce sujet a attiré l’attention des politiques, avec la présence de figures notables comme Gabriel Attal, candidat Renaissance, qui a promis de ne plus intégrer les pensions alimentaires au revenu imposable du parent qui les perçoit. D’autres candidats, tels que François Hollande et Xavier Bertrand, ont également assisté à cet événement, témoignant de l’importance croissante de la question de la monoparentalité dans les débats politiques.
Un avenir à construire
Olivia Barreau a exprimé sa satisfaction de voir ces enjeux enfin sur la scène publique : « Ce qui est intéressant, c’est de voir aujourd’hui que les candidats s’emparent de cette question. Maintenant, nous, nous voulons que ça bouge ! » Pour soutenir cette dynamique, un livre blanc sera élaboré par l’association Moi et mes enfants et envoyé aux candidats, afin de faire connaître les conclusions de cette première université d’été. À moins d’un an de la présidentielle, ces propositions pourraient influencer les programmes politiques.
Cette initiative représente une avancée significative pour les familles monoparentales, souvent invisibles dans les discours politiques. La reconnaissance de leur statut et l’amélioration de leurs conditions de vie sont des enjeux cruciaux qui méritent une attention particulière. Les mères isolées, à travers leur mobilisation, montrent qu’elles sont prêtes à défendre leurs droits et à faire entendre leur voix.