Révision de la majoration de retraite : le gouvernement cible les familles nombreuses

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé une révision de la majoration de pension de retraite pour les parents de trois enfants et plus, dans le cadre du prochain budget de la Sécurité sociale. Cette mesure vise à réorienter l’avantage financier actuellement perçu par les pères vers les mères, soulignant ainsi les inégalités persistantes en matière de retraite entre les sexes.

EN BREF

  • Révision de la majoration de pension pour parents de trois enfants et plus.
  • Objectif : réduire l’écart de retraite entre hommes et femmes.
  • Réactions des familles pour préserver les droits des parents dans les familles nombreuses.

Lors d’une interview sur FranceinfoTV, ce mardi 1er septembre, Jean-Pierre Farandou a précisé que la majoration de pension de 10 % accordée aux parents d’au moins trois enfants devait être réévaluée. Il a mis en avant le fait que, en moyenne, les pensions des hommes sont supérieures à celles des femmes, entraînant une inégalité dans l’attribution des bénéfices liés à cette mesure. « Un enfant rapporte plus pour un homme que pour une femme. Ce n’est pas normal », a-t-il déclaré.

Actuellement, cette majoration de pension profite à un nombre équivalent de pères et de mères. Cependant, les montants perçus par les pères sont significativement plus élevés, ce qui pose la question de l’équité dans le système de retraite. Le cabinet du ministre a précisé que l’objectif n’est pas de réaliser des économies, mais d’orienter cet effort vers ceux qui en ont le plus besoin, en particulier les femmes ayant des carrières interrompues ou des retraites modérées.

Un débat entouré de critiques

Le projet de réforme a suscité de vives réactions. La fédération Familles de France a exprimé son inquiétude, appelant à ne pas faire porter le poids des inégalités entre les sexes sur les familles nombreuses. Selon elle, il est crucial de mieux reconnaître les conséquences de la maternité sur les retraites, sans opposer mères et pères. « La majoration de 10 % est une reconnaissance des conséquences de l’éducation de trois enfants ou plus », a-t-elle souligné.

Par ailleurs, un rapport émis par les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas) préconise de remplacer cette majoration par un forfait de 125 euros, dans le cadre d’un plan visant à réaliser 4,2 milliards d’euros d’économies sur les politiques familiales. Cette proposition a également soulevé des préoccupations quant à l’impact sur les familles nombreuses.

Les inquiétudes des associations familiales

Des organismes comme l’Union nationale des associations familiales (Unaf) s’interrogent sur le ciblage des familles nombreuses dans le cadre de cette réforme. « À l’heure où la natalité s’écroule, pourquoi les familles nombreuses sont-elles à nouveau dans le viseur ? », a déclaré un représentant de l’Unaf, mettant en garde contre le risque de créer de nouveaux perdants parmi ces familles. Les associations plaident pour une approche qui compense réellement les effets de la parentalité sur les carrières et les retraites, sans sacrifier les droits des familles.

Les débats autour de cette réforme devraient se poursuivre dans les semaines à venir, alors que le gouvernement s’apprête à finaliser le budget de la Sécurité sociale pour 2027. La gestion des inégalités entre hommes et femmes en matière de retraite demeure un sujet sensible et complexe, nécessitant un équilibre délicat entre justice sociale et viabilité budgétaire.