Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé une initiative radicale pour lutter contre le trafic de drogue dans son pays. Lors d’une réunion du Haut Conseil de sécurité, il a déclaré que la caserne militaire située dans le désert du Tanezrouft serait convertie en prison de haute sécurité destinée aux narcotrafiquants. Ce projet met en lumière la volonté des autorités algériennes de faire face à un problème de consommation et de trafic de drogue en pleine expansion.
EN BREF
- La caserne militaire dans le Tanezrouft deviendra une prison pour narcotrafiquants.
- Plus de 3 millions de toxicomanes vivent en Algérie, représentant 15 % de la population.
- Une nouvelle agence sécuritaire sera créée pour lutter contre le trafic de drogue.
La région du Tanezrouft, surnommée « pays de la soif » en berbère, est réputée pour ses conditions extrêmes. Avec des températures dépassant les 50 degrés en été, cette zone quasi-déserte, située à cheval entre l’Algérie et le Mali, est considérée comme l’un des endroits les plus inhospitaliers du monde. C’est précisément dans cet environnement que le gouvernement algérien envisage de réincarcérer les barons de la drogue, un message fort face à la montée alarmante du trafic et de la consommation de stupéfiants sur le territoire national.
Lors de cette annonce, le président Tebboune a également précisé que l’Algérie créerait une agence sécuritaire spécialisée, inspirée du modèle américain de la Drug Enforcement Administration (DEA). Cette agence sera chargée de lutter spécifiquement contre le trafic de drogue, soulignant ainsi l’engagement du gouvernement envers une approche plus systématique et ciblée contre ce fléau.
Les chiffres sont préoccupants : selon l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), l’Algérie compterait plus de trois millions de toxicomanes sur une population totale de 46 millions d’habitants. Ce qui représente environ 15 % de la population. La consommation de drogues, en particulier de substances telles que la cocaïne et des médicaments détournés, déstabilise la société et entraîne des saisies record par les forces de l’ordre. Dernièrement, en date du 21 août, la police a réussi à démanteler un réseau et à saisir 33 kilos de cocaïne ainsi que plus de 10 millions de capsules de prégabaline, un médicament à l’origine destiné à traiter l’épilepsie.
La prégabaline, bien que souvent utilisée pour traiter l’anxiété, a connu une explosion de consommation au cours des dix dernières années en Algérie, entraînant une forte dépendance. Le pays est également devenu un refuge pour des membres de la DZ Mafia, un gang de narcotrafiquants français, ce qui complique davantage la situation sécuritaire.
Cette annonce du président Tebboune s’inscrit dans un contexte où les autorités algériennes se sentent poussées à agir face à la montée des défis liés au trafic de drogue. En ciblant les narcotrafiquants dans une prison isolée, le gouvernement espère envoyer un message fort aux acteurs de ce marché illégal. Reste à voir l’impact réel de ces mesures sur la lutte contre la drogue et sur la société algérienne dans son ensemble.