Ce vendredi après-midi, la Conférence nationale du handicap se tient à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, marquant la dernière action d’Emmanuel Macron dans ce domaine. Cet événement représente une occasion cruciale de faire le point sur les avancées réalisées en matière d’inclusion des personnes en situation de handicap.
EN BREF
- Les associations demandent la prise en charge intégrale des cannes blanches.
- Romain, déficient visuel, témoigne des difficultés rencontrées pour se faire rembourser.
- Un enjeu de santé publique selon les acteurs de l’association Un œil sur le monde.
Les engagements du président de la République incluent la prise en charge intégrale des fauteuils roulants par l’Assurance maladie, effective depuis décembre dernier. Cependant, d’autres équipements essentiels, tels que la canne blanche, restent largement sous-remboursés. Cet objet, indispensable pour la mobilité des déficients visuels, est au cœur des préoccupations soulevées par les associations présentes à la conférence.
Romain, un utilisateur de canne blanche, décrit son équipement comme une meilleure alliée pour naviguer dans son environnement. « Il y a un petit rebord, si je ne fais pas attention, je peux facilement me faire une cheville sur ce genre de chose », confie-t-il à RMC. Sa canne, bien que fragile, est essentielle pour éviter les obstacles et les dangers potentiels.
Ce témoignage illustre les défis quotidiens rencontrés par les déficients visuels. Romain déploie sa canne à chaque sortie, en se concentrant particulièrement sur l’embout, qui lui permet de percevoir les différents types de sols. « Il s’use, il se fatigue. Dans les gares, ils sont avec les valises, ils ne font pas gaffe, ils te vrillent la canne », ajoute-t-il, soulignant les risques d’endommagement de son équipement.
Les coûts liés à la canne blanche sont préoccupants. Romain mentionne avoir été remboursé de seulement 7 euros pour sa dernière canne, une somme jugée dérisoire compte tenu des besoins réels. Le prix d’un embout se situe autour de 20 euros, tandis que le coût d’une canne peut varier entre 60 et 120 euros. Cette situation financière difficile est aggravée par le fait que de nombreux déficients visuels vivent avec des revenus modestes, souvent inférieurs à l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), qui ne dépasse pas 1.040 euros par mois.
Nicolas Karazievitch, président de l’association Un œil sur le monde, a pris l’initiative de lancer une pétition appelant à la prise en charge intégrale de la canne blanche. Il souligne l’importance de cette question, la qualifiant d’enjeu de santé publique. « Une canne blanche, c’est entre 6 et 10 % du budget mensuel. Ça commence à peser sur le budget », précise-t-il, appelant le gouvernement et les parlementaires à s’engager sur ce sujet dans le cadre du budget 2027.
Cette conférence pourrait ainsi devenir un point de départ pour des avancées significatives en matière d’inclusion et de soutien aux personnes en situation de handicap, notamment à travers la prise en charge des équipements essentiels comme la canne blanche. Les appels à l’action se multiplient, et le gouvernement sera-t-il à l’écoute des besoins exprimés par les associations et les utilisateurs ? Seul l’avenir le dira.