Canicule : pourquoi les femmes âgées sont-elles plus touchées que les hommes ?

Les canicules de l’été 2026 ont mis en lumière un phénomène intriguant. Malgré le fait que les hommes émettent généralement plus de chaleur, ce sont les femmes âgées qui semblent en souffrir davantage. Les récentes vagues de chaleur ont causé au moins 7 102 décès en excès en France, soulevant des questions sur les raisons de cette disparité. Pourquoi les femmes, en particulier celles d’un certain âge, sont-elles plus vulnérables aux températures extrêmes?

EN BREF

  • Les femmes âgées représentent la majorité des victimes des canicules.
  • Malgré une plus grande production de chaleur chez les hommes, la vulnérabilité des femmes est liée à divers facteurs.
  • Les personnes âgées, en général, sont plus à risque en raison de leur santé et de leur environnement.

Durant les épisodes caniculaires récents, il est apparu que les femmes âgées étaient surreprésentées parmi les victimes. En 2003, par exemple, elles constituaient environ 64 % des décès dus à la chaleur. Cette tendance se poursuit aujourd’hui, alors même que les hommes, en raison de leur musculature plus développée et d’un métabolisme énergétique plus élevé, produisent davantage de chaleur. Selon le docteur Judith Loeb Mansour, médecin généraliste, cette situation peut sembler paradoxale mais s’explique par une série de facteurs complexes.

Les hommes, en moyenne, transpirent plus que les femmes, avec un débit de transpiration moyen de 16,5 ml/min à 40°C, contre 12,3 ml/min pour les femmes. Cela pourrait expliquer pourquoi certains d’entre eux semblent mieux supporter la chaleur. Néanmoins, la sensation de chaleur est subjective et varie d’un individu à l’autre. La température corporelle fluctue également au cours de la journée, et chez les femmes, elle peut être influencée par leur cycle hormonal. En phase ovulatoire, par exemple, la température corporelle est généralement plus basse, tandis qu’après l’ovulation, elle peut augmenter de 0,3°C à 0,5°C.

Il est crucial de noter que la capacité à supporter la chaleur ne se résume pas uniquement à la production de chaleur ou à la transpiration. Les femmes ménopausées, par exemple, peuvent éprouver des bouffées de chaleur dues à des changements hormonaux, qui perturbent la régulation thermique de leur corps. Ces variations hormonales peuvent envoyer des signaux erronés au cerveau, le faisant réagir à des fluctuations de température relativement faibles comme à une surchauffe.

Les personnes âgées, en particulier celles de plus de 75 ans, sont souvent plus vulnérables en raison de plusieurs facteurs. Avec l’âge, la capacité à transpirer et à maintenir un débit sanguin cutané efficace diminue, rendant difficile l’évacuation de la chaleur. De plus, des conditions de santé préexistantes, comme des maladies cardiovasculaires ou respiratoires, peuvent aggraver cette vulnérabilité. L’isolement social et des logements mal adaptés à la chaleur sont également des éléments à prendre en compte.

Lors de la canicule de juin-juillet 2026, il a été estimé que les personnes âgées représentaient les deux tiers des décès en excès, rendant la situation d’autant plus préoccupante. Entre le 17 juin et le 2 juillet, au moins 3 719 décès ont été enregistrés dans cette tranche d’âge, soulignant l’urgence de cette problématique.

Il est important de comprendre que cette surreprésentation des femmes parmi les victimes ne signifie pas qu’elles soient globalement moins capables de supporter la chaleur que les hommes. La réalité est que la chaleur affecte principalement ceux qui ont le plus de difficultés à se refroidir, indépendamment de leur sexe. Les différents facteurs de vulnérabilité jouent un rôle crucial dans cette dynamique.

En résumé, la canicule ne choisit pas entre hommes et femmes, mais s’attaque plutôt aux organismes affaiblis, particulièrement ceux des personnes âgées. Une meilleure compréhension de ces mécanismes est essentielle pour développer des stratégies de prévention efficaces, visant à protéger les plus vulnérables lors des vagues de chaleur à venir.