Andréa Bescond dénonce l’impunité des hommes face aux violences sexuelles en France

À la suite de l’affaire tragique de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte et violée en juin, une proposition de loi « intégrale » sur les violences sexistes et sexuelles débute son parcours législatif. Ce texte, très attendu, devrait être examiné par le Parlement début octobre. Ce lundi marque également la reprise des manifestations devant le ministère de la Justice et les tribunaux pour exiger des changements concrets.

EN BREF

  • Une proposition de loi contre les violences sexuelles entame son parcours législatif.
  • Andréa Bescond souligne l’impunité des agresseurs dans le système judiciaire.
  • Des manifestations sont prévues pour réclamer des mesures concrètes.

La réalisatrice Andréa Bescond, qui a pris la parole sur RMC, exprime son indignation face à la situation actuelle : « L’indignation est là tant qu’il n’y aura pas de résultat concret avec l’examen de la loi intégrale. » Elle rappelle que les deux quinquennats de Macron n’ont pas été à la hauteur des enjeux en matière de lutte contre les violences sexuelles.

La députée Céline Thiébault-Martinez, porte-parole de ce projet soutenu par 240 députés de divers groupes politiques, affirme : « Je suis motivée pour qu’on aille au bout des débats et qu’on parvienne à adopter un texte qui corresponde aux attentes des associations et de la société. » Ce projet vise à couvrir toute la chaîne des violences, notamment par la création de juridictions spécialisées et l’imposition d’un socle minimum d’actes d’enquête.

Bescond insiste sur la nécessité d’un accompagnement judiciaire et psychologique pour les victimes. Elle déclare : « 90 % des plaintes sont classées sans suite, et il n’y a pas d’accompagnement psychologique dans les écoles pour les élèves qui pourraient révéler des cas d’inceste ou de pédocriminalité. » La réalisatrice réclame davantage de moyens humains dans le système judiciaire, avec des enquêteurs et des magistrats formés, notamment à l’écoute des témoignages des enfants.

Concernant l’affaire Patrick Bruel, accusé de viol par plusieurs femmes et ayant annulé ses concerts, Bescond réagit aussi. Elle évoque les éventuelles réactions des féministes face à la tenue de ses spectacles, affirmant que « si des émeutes avaient eu lieu, cela aurait mis en péril la sécurité du public. » L’avocate de Bruel a rétorqué en dénonçant des « menaces » pesant sur lui.

Andréa Bescond critique la victimisation dont fait preuve Bruel, affirmant que l’inquiétude de l’artiste est infondée. « Il y a une impunité constante qui permet aux hommes accusés d’avoir une immense confiance en eux. Ils ne tremblent pas à l’idée d’être accusés de viol, ce n’est pas quelque chose de très grave, » souligne-t-elle. Elle prend en exemple Jérôme Barella, impliqué dans l’affaire de Lyhanna, qui n’a pas été entendu par la justice malgré une plainte pour viol.

Pour conclure, Andréa Bescond appelle à un changement fondamental de la culture entourant les violences sexuelles : « Cette culture doit absolument changer en France. » L’examen de la loi intégrale est un pas crucial pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent et pour garantir la sécurité des victimes.