Les résultats des élèves français aux tests Pisa, publiés récemment, révèlent une situation préoccupante. Jamais les scores en mathématiques et en compréhension de l’écrit n’avaient été aussi bas. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, pointe du doigt plusieurs facteurs, notamment l’impact des réseaux sociaux, la diminution de la lecture, mais aussi le désengagement croissant des parents dans la scolarité de leurs enfants.
EN BREF
- Les résultats des tests Pisa montrent une chute des performances scolaires en France.
- L’implication parentale a diminué, passant de 62% à 48% entre 2022 et 2025.
- Le ministre de l’Éducation propose des mesures pour renforcer l’engagement des parents.
Les statistiques sont sans appel : entre 2022 et 2025, l’implication des parents dans l’éducation de leurs enfants a chuté, selon les témoignages d’élèves de 15 ans interrogés par Pisa. En effet, seulement 48% des parents se montrent actifs dans la vie scolaire de leurs enfants, contre 62% trois ans plus tôt. Cela soulève des questions cruciales sur le rôle et l’engagement parental dans la réussite scolaire.
Ce désintérêt apparent est confirmé par les élèves eux-mêmes. Certains d’entre eux rapportent que leurs parents ne posent que des questions sur les notes obtenues, sans s’intéresser aux difficultés rencontrées ou aux sujets abordés en classe. Une élève a même confié : « Ils ne viennent pas aux réunions parents-profs parce qu’ils sont déjà venus pour mes autres frères et sœurs. Ils travaillent donc c’est compliqué et ils s’en foutent un peu en vrai ».
Un désengagement généralisé
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, note que l’engagement des parents est en baisse, tant dans les milieux favorisés que défavorisés. Sébastien Vieille, professeur d’anglais et secrétaire national du syndicat enseignant SNALC, ajoute que la situation est alarmante : « Il y a un suivi qui ne se fait peut-être plus. Il m’est arrivé en tant que professeur principal en terminale de me retrouver face à un seul parent d’élève sur une classe de trente ».
Cette tendance préoccupante a des conséquences directes sur les performances des élèves. Eric Charbonnier, expert en éducation à l’OCDE, souligne que l’implication parentale est souvent corrélée à de meilleures performances scolaires. Selon lui, il est légitime de se demander si l’école n’est pas devenue un simple bien de consommation pour les parents, qui se préoccupent davantage des résultats que du processus d’apprentissage.
Vers une redynamisation de l’engagement parental
Malgré ces critiques, la fédération de parents d’élèves FCPE s’oppose à cette vision accusatrice. Elle admet cependant ressentir également un désengagement des familles. La fédération insiste sur l’importance de la relation humaine entre les parents et l’école, arguant que la simple communication numérique ne suffit pas. « Ce n’est pas uniquement parce qu’on a mis en place Pronote que cela résout le problème », souligne-t-elle.
Pour renforcer l’engagement des parents, Édouard Geffray a annoncé le 8 septembre de nouvelles mesures. Dès le retour des vacances de la Toussaint, tous les parents et élèves recevront des objectifs d’apprentissage personnalisés. De plus, avant chaque période de vacances scolaires, des listes de lecture seront mises à disposition des familles pour les aider à mieux accompagner leurs enfants dans leur parcours scolaire.
Marie-Caroline Missir, directrice générale du think tank Vers le Haut, partage cette nécessité de redynamiser l’implication parentale. Elle affirme que les parents doivent comprendre ce qui se passe à l’école pour pouvoir soutenir efficacement leurs enfants, en se concentrant sur les compétences et les connaissances à acquérir tout au long de l’année.
Les résultats Pisa constituent un appel à l’action. Ils rappellent que la réussite scolaire dépend également de la collaboration entre l’école et les familles. Renforcer cette dynamique pourrait bien être la clé pour inverser la tendance et améliorer les performances des élèves français.