Fabien Roussel appelle à un retour des Gilets Jaunes face à la hausse des prix du carburant

Le climat social en France est de nouveau marqué par des tensions croissantes autour des prix du carburant. Fabien Roussel, leader du Parti Communiste Français (PCF) et candidat à la présidentielle, a exhorté les citoyens à reprendre les ronds-points pour manifester leur mécontentement, à l’instar du mouvement des Gilets Jaunes en 2018. Face à un prix du litre de gazole approchant les 2,30 euros, il appelle à une mobilisation rapide si le gouvernement ne prend pas action.

EN BREF

  • Fabien Roussel appelle à mobiliser les Français sur les ronds-points.
  • Une première manifestation se tiendra à Paris, suivie d’une autre à La Rochelle.
  • 40 millions d’automobilistes organise une manifestation numérique pour exprimer son mécontentement.

Lors d’une déclaration faite ce vendredi, Roussel a déclaré : « Si le gouvernement n’agit pas dans les jours qui viennent, j’appelle les Français à se mobiliser comme nous avons su le faire en 2018 avec les gilets jaunes. » Cette phrase résonne comme un écho des événements de 2018, période marquée par des manifestations massives contre la hausse des taxes et des prix, qui avaient conduit à des blocages dans tout le pays.

La colère des automobilistes est palpable, et elle trouve un écho sur les réseaux sociaux où des appels à manifester émergent. Un événement, désigné comme « Acte II » des Gilets Jaunes, est prévu pour le 17 octobre. Selon un sondage de l’institut Elabe, 67 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué, reflétant ainsi un mécontentement général face à la situation économique actuelle.

Roussel ne se limite pas à des exhortations, il exige également que l’État intervienne pour contraindre des entreprises telles que TotalEnergies à réduire leurs prix à la pompe. Cependant, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé que la baisse des taxes sur les carburants ne figure pas parmi les options envisagées. Le gouvernement privilégie des aides ciblées pour soutenir les automobilistes et les foyers les plus en difficulté.

Sur le terrain, l’angoisse des automobilistes se traduit par des déclarations fermes. Une conductrice interrogée par RMC a exprimé son ras-le-bol : « Faut se battre, mettre les gilets, retour sur les ronds-points ! » Un autre automobiliste a affirmé sa volonté de se joindre aux manifestations pour soutenir cette cause commune.

Une première manifestation est prévue aujourd’hui à Paris, suivie d’une autre à La Rochelle le mardi 15 septembre. Flavien Puges, un organisateur local, explique : « Une manifestation pour la dignité des citoyens français, qui actuellement, c’est censé être la terre de l’élection. » Cependant, il reste difficile d’évaluer le nombre exact de participants attendus, bien que plusieurs dizaines de personnes semblent prêtes à se mobiliser.

Les Gilets Jaunes doivent-ils vraiment retourner dans la rue ? Flavien Puges estime que pour réussir, la persévérance est essentielle : « C’est pas avec une seule date et une seule manifestation qu’on va réussir. » Ce sentiment de nécessité de continuité est partagé au sein des groupes qui cherchent à mobiliser les citoyens sur cette problématique.

Au-delà des manifestations traditionnelles, une initiative innovante a été lancée par l’association 40 millions d’automobilistes. Cette dernière propose une manifestation numérique, où les participants peuvent s’inscrire en ligne pour montrer leur soutien tout en étant géolocalisés sur une carte nationale. Pierre Chasseray, directeur général de l’association, avertit : « Ce sera impossible pour les pouvoirs publics d’ignorer cette France qui manifeste. » Selon lui, le pays est en état d’asphyxie, et il appelle à une action immédiate pour éviter une crise plus profonde.

En parallèle, des membres de l’exécutif soulignent que les situations actuelles ne sont pas directement comparables à celles de 2018. Un conseiller du gouvernement, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a rappelé que la colère des Gilets Jaunes à l’époque était alimentée par des facteurs tels que la taxe carbone, tandis que la hausse actuelle des prix est surtout liée aux tensions géopolitiques.

Dans ce contexte incertain, l’avenir des mobilisations reste à définir. Les prochains jours seront cruciaux pour observer si l’appel à l’action de Roussel et d’autres leaders sera suivi d’un mouvement populaire significatif.