Kiev souligne une nouvelle fois les conséquences désastreuses de la guerre menée par la Russie. En effet, les responsables ukrainiens ont averti que l’économie nationale pourrait subir une contraction de 1,5 point de PIB en 2026 en raison de l’intensification des frappes russes, conduisant à un hiver « très difficile ».
EN BREF
- Le PIB ukrainien pourrait perdre 1,5 point en 2026 à cause des frappes russes.
- Les dommages aux infrastructures pourraient atteindre 10 milliards de dollars.
- L’Ukraine intensifie ses propres frappes en réponse aux attaques de Moscou.
Depuis le début de l’invasion en février 2022, la Russie a largement détruit le secteur énergétique ukrainien. Depuis cet été, les attaques de missiles et de drones ont considérablement augmenté, rendant leur interception par l’Ukraine de plus en plus difficile. Ces offensives ont non seulement entraîné un blocage des exportations céréalières par la mer Noire, un élément vital pour l’économie ukrainienne, mais elles ont également ciblé des entreprises métallurgiques et perturbé les chaînes logistiques, notamment les chemins de fer et d’importants entrepôts.
Lors d’un forum annuel sur la stratégie européenne à Yalta, le Premier ministre Serguiï Koretsky a déclaré : « L’économie est dans la situation la plus difficile ». Il a ajouté que l’intensité des frappes avait considérablement augmenté, tout comme l’étendue des destructions.
Le ministre de l’Économie, Oleksandre Kravtchenko, a quant à lui précisé que les pertes d’infrastructures dues aux attaques russes pourraient s’élever à 10 milliards de dollars en 2026. Ces destructions, combinées au blocus des ports maritimes, risquent d’amputer le PIB national de 1,5 point, une perspective jugée « catastrophique » par certains experts occidentaux.
Roksolana Pidlassa, présidente de la commission du budget du Parlement ukrainien, a commenté la situation en ces termes : « C’est déjà mauvais. La Russie vise spécifiquement les secteurs générateurs de revenus en attaquant les corridors céréaliers, les ports maritimes et les usines métallurgiques ». Elle a également évoqué la récente frappe de missile russe sur l’aciérie ArcelorMittal Kryvyï Rig, qui a causé la mort de deux employés de l’entreprise.
Face à cette escalade des violences, l’Ukraine a intensifié ses propres frappes sur le territoire russe, ciblant particulièrement des raffineries et des entrepôts logistiques. Le président Volodymyr Zelensky espère que Donald Trump, en tant qu’ancien président américain, pourrait exercer une pression sur la Russie pour obtenir le déblocage des ports en mer Noire et envisager une suspension mutuelle des frappes sur les infrastructures énergétiques.
En outre, les dépenses publiques continuent d’augmenter. Roksolana Pidlassa a indiqué qu’en 2024, le coût d’une journée de guerre pour l’Ukraine était de 140 millions de dollars, alors qu’il a grimpé à 190 millions de dollars cette année. Pour la première fois, l’Ukraine commence à utiliser l’aide internationale pour financer les salaires de ses soldats, ce qui souligne l’urgence de la situation.
Alors que la guerre se prolonge, l’Ukraine fait face à des défis économiques sans précédent, exacerbés par la destruction systématique de ses infrastructures et par une réponse militaire qui doit s’adapter à la menace croissante. La résilience du pays est mise à l’épreuve, et l’avenir économique semble incertain sans soutien international significatif.