Contraceptifs au désogestrel : 1,6 million de femmes averties des risques de méningiome

Actuellement, un courrier provenant de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) parvient aux boîtes aux lettres de 1,6 million de femmes. Ces correspondances concernent spécifiquement les utilisatrices de contraceptifs contenant exclusivement du désogestrel, un progestatif synthétique commercialisé sous des noms tels qu’Optimizette, Antigone, Elfasette ou encore leurs génériques. L’identification de ces patientes a été faite à partir des données de remboursement fournies par l’Assurance maladie.

EN BREF

  • 1,6 million de femmes reçoivent un courrier sur les risques de méningiome liés à leur contraception.
  • Le méningiome est une tumeur bénigne, mais son risque augmente avec l’âge et la durée d’utilisation.
  • Aucune interruption de la contraception n’est recommandée sans avis médical.

Il est essentiel de préciser que recevoir ce courrier ne signifie en aucun cas qu’une tumeur a été détectée ou qu’un danger immédiat menace la santé des concernées. En réalité, cette alerte n’est pas nouvelle. Une étude menée en France à la fin de l’année 2024 avait déjà soulevé ce risque, entraînant une mise à jour des recommandations et des notices médicales. L’objectif de cette démarche d’information est d’encourager chaque femme à discuter sereinement de sa situation avec son médecin ou sa sage-femme lors de sa prochaine consultation.

Comprendre le méningiome

Le méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, ces membranes protectrices entourant le cerveau. Dans la grande majorité des cas, cette masse est bénigne et sa croissance est généralement lente. Toutefois, même si elle n’est pas cancéreuse, une telle tumeur peut engendrer des complications en raison de la rigidité du crâne. En grossissant, elle peut effectivement exercer une pression sur des zones cérébrales ou des nerfs, entraînant des troubles de la vision, des faiblesses musculaires, voire des crises d’épilepsie. Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

Les recherches indiquent que le risque associé à la prise de contraceptifs contenant du désogestrel est extrêmement faible. En effet, les scientifiques évaluent ce risque à environ un cas supplémentaire de méningiome nécessitant une opération pour 67.000 utilisatrices, selon les conditions de l’étude. Ce risque semble augmenter principalement avec une utilisation prolongée du contraceptif, notamment chez les femmes plus âgées. Il est aussi établi qu’un an après l’arrêt du traitement, la situation revient à la normale.

Recommandations pour les utilisatrices

Pour les femmes utilisant ce type de contraception, il est crucial de ne pas interrompre leur traitement de manière unilatérale. Un arrêt brutal peut exposer à un risque de grossesse non désirée. En l’absence de symptômes inquiétants, aucune consultation en urgence n’est nécessaire. Il est conseillé de faire le point lors du prochain rendez-vous de suivi habituel. À ce moment-là, le professionnel de santé pourra évaluer la situation en prenant en compte l’âge, la durée d’utilisation du traitement et d’autres traitements hormonaux pris par le passé.

La réception de la lettre ne nécessite pas non plus la réalisation systématique d’une IRM de dépistage. Seules des manifestations symptomatiques spécifiques — telles que des maux de tête persistants et inhabituels, des troubles visuels ou une faiblesse — devraient inciter à consulter un professionnel de santé. En revanche, l’apparition d’un trouble neurologique brutal constitue une urgence médicale qui nécessite une attention immédiate.

Les contraceptifs progestatifs, comme ceux mentionnés, présentent des avantages notables, notamment une réduction des risques de cancers de l’ovaire et de l’utérus. Il est donc primordial d’évaluer les bénéfices et les risques de manière équilibrée et informée.