Michel, retraité et livreur Uber Eats à Perpignan : un budget serré à 1 940 € par mois

À 62 ans, Michel a raccroché son uniforme de gardien de la paix après une carrière de trente-sept ans. Bien que sa pension de retraite lui assure une certaine tranquillité financière, elle ne suffit pas à couvrir l’ensemble de ses dépenses. Pour maintenir son train de vie, il a fait le choix de travailler comme livreur pour Uber Eats trois soirs par semaine.

EN BREF

  • Pension de retraite de 1 620 € nets mensuels
  • Revenu d’appoint de 280 à 340 € nets grâce à Uber Eats
  • Dépenses mensuelles gérées avec rigueur pour un total de 1 940 € nets

Michel, dont la pension de retraite est calculée sur ses derniers mois de service en tant que brigadier-major, perçoit 1 620 € nets chaque mois. Ce montant, bien que respectable, ne lui permet pas de vivre confortablement. Divorcé depuis quelques années, il a dû faire face à des dépenses liées à une pension alimentaire, ce qui a considérablement affecté ses économies.

Pour compléter ses revenus, Michel livre des repas sur son scooter, principalement le vendredi et le samedi, de 18h à 22h30. Ce travail lui procure un revenu additionnel qui varie entre 280 et 340 € nets par mois, après déduction des frais liés à l’utilisation de son véhicule.

Au total, Michel dispose donc de 1 940 € nets par mois. Il explique avec humour : « Ma collègue de la retraite fait des heures de ménage, moi je préfère rouler. Au moins je suis dehors. »

Un budget serré mais équilibré

Résidant dans un T3 à Perpignan, Michel paie un loyer de 610 €, charges comprises. Bien que ce montant soit raisonnable pour la région, il représente son principal poste de dépenses. Ses autres charges mensuelles incluent des frais d’électricité et de gaz de 95 €, ainsi qu’une mutuelle santé qui s’élève à 78 €. En outre, il paie 22 € pour son assurance habitation et 34 € pour son assurance scooter.

Le forfait téléphone et internet coûte environ 45 €, et il maintient un abonnement à Canal+ à 25 € pour suivre les matchs de rugby de l’USAP, considérant cela comme son unique luxe. Les courses alimentaires, quant à elles, varient entre 260 et 310 € par mois, selon les besoins, notamment lorsqu’il garde sa petite-fille.

Michel est également prudent avec ses dépenses variables. L’essence pour son scooter coûte environ 70 € par mois, un montant qu’il surveille de près en raison de la hausse des prix. Il s’autorise à sortir au restaurant une fois par semaine, ce qui lui coûte environ 90 € par mois, et il prévoit un budget vacances de 100 € mensuels.

Un avenir à construire

Avec toutes ses dépenses prises en compte, Michel peut mettre de côté entre 60 et 100 € chaque mois, lorsque ses livraisons se déroulent bien. Bien qu’il n’ait plus de crédit en cours, il reste conscient que sa situation financière pourrait être plus confortable. « Je sais que je devrais peut-être arrêter Uber Eats et vivre plus tranquillement avec ma seule pension. Mais ce complément me permet de partir en vacances et de gâter ma petite-fille sans culpabiliser », confie-t-il.

Son objectif est de continuer à travailler encore deux ou trois ans pour pouvoir constituer un peu d’épargne supplémentaire. « J’ai passé trente-sept ans à faire respecter les règles, maintenant je respecte surtout mon budget », résume-t-il avec une certaine fierté. À travers son expérience, Michel illustre une réalité partagée par de nombreux seniors français, qui jonglent avec la nécessité de compléter leurs revenus pour vivre décemment.

Avec ses 1 940 € nets mensuels, Michel se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, mais il reste conscient que sa situation est le reflet d’une tendance croissante chez les retraités. Le travail d’appoint devient une nécessité pour beaucoup, rendant leur quotidien à la fois plus riche et plus complexe.