Un couple escroque 350 000 euros avec 18 enfants fictifs en Angleterre

Une affaire incroyable vient de secouer les services fiscaux britanniques. En Angleterre, un couple a réussi à tromper le fisc en déclarant l’existence de 18 enfants fictifs, ce qui leur a permis de détourner plus de 350 000 euros en seulement quatre ans. Cette escroquerie a été dévoilée et jugée en septembre 2024 devant la Crown Court de Newcastle, provoquant à la fois étonnement et indignation.

EN BREF

  • Un couple a escroqué 350 000 euros en déclarant 18 enfants fictifs.
  • Tracy Ashbridge, employée du HMRC, a orchestré cette fraude.
  • Condamnés à rembourser symboliquement 1 £ chacun, ils devront également restituer 7 614 £ saisis.

Au cœur de cette fraude se trouve Tracy Ashbridge, 44 ans, qui, en tant qu’employée des services fiscaux britanniques (HMRC), a utilisé sa position pour orchestrer une arnaque d’une ampleur impressionnante. Entre 2015 et 2019, elle a soumis des demandes de crédits d’impôt pour des enfants qu’elle n’a jamais eus. Bien qu’elle soit mère de quatre enfants, elle a fait état de quatorze autres qui n’existaient que dans ses déclarations.

Pour crédibiliser son mensonge, Tracy Ashbridge a même inventé des handicaps pour ses enfants fictifs, tout en manipulant des dossiers d’anciens demandeurs légitimes. Son mari, Robert, cuisinier dans une maison de retraite, a joué le rôle de complice, aidant à transférer les fonds détournés sur neuf comptes bancaires différents. Au total, le couple a tenté de s’approprier l’équivalent de 434 000 £, soit plus de 509 000 euros, dont 305 952 £ (359 264 €) ont effectivement été versés. Robert a quant à lui touché environ 22 385 £, soit 26 285 euros.

Le cynisme du couple est illustré par un échange de messages interceptés, où Tracy demandait à Robert s’ils devraient avoir un autre enfant, à quoi il répondait : « Comment allons-nous nous en sortir ? », avant qu’elle ne réplique avec humour : « Pas physiquement, MDR. » Cette affaire a révélé non seulement leur avidité, mais aussi un manque de discernement face à la gravité de leurs actes.

Lors de leur procès en septembre 2024, Tracy Ashbridge a été condamnée à deux ans et quatre mois de prison ferme et a été licenciée de son poste au HMRC. La juge a qualifié son comportement de « cupide », compte tenu de l’ampleur des préjudices causés. Robert, quant à lui, a été reconnu coupable de complicité et a écopé d’une peine de 18 mois de prison avec sursis, assortie d’un suivi de réhabilitation.

La décision du tribunal a réservé une surprise : lors de l’audience consacrée à la loi sur les produits du crime, la justice a estimé que le couple ne possédait aucun actif récupérable. Par conséquent, ils ont été condamnés à rembourser symboliquement 1 £ chacun, une somme dérisoire face aux montants détournés. Cette sanction a suscité de vives réactions et remet en question l’efficacité du système de contrôle du HMRC.

Cependant, le tribunal a ordonné la confiscation de 7 614 £ en espèces (8 940 euros) saisis lors de l’arrestation du couple. Le juge Gavin Doig a souligné que la justice pourrait réévaluer cette décision à l’avenir, notamment si les Ashbridge venaient à recevoir une rentrée d’argent significative. Avant de clore l’audience, le juge s’est adressé directement à Tracy Ashbridge en exprimant l’espoir de ne plus jamais la revoir, illustrant la lassitude des magistrats face à des affaires aussi scandaleuses.

Cette affaire met en lumière les failles du système de contrôle interne du HMRC, qui n’a découvert la fraude qu’après plusieurs années. Tracy Ashbridge a reconnu, lors de son jugement, avoir ressenti un certain soulagement lorsque la supercherie a été mise à jour, soulignant ainsi l’ironie tragique de cette situation.