Le gouvernement envisage de rémunérer les vaccinations et dépistages en France

Une proposition audacieuse émerge du gouvernement français : rémunérer les citoyens pour les inciter à se faire vacciner ou dépister. Ce projet, issu d’un rapport commandé fin janvier 2026, vise à refonder la relation entre l’assurance maladie obligatoire et les complémentaires santé.

EN BREF

  • Proposition de rémunération pour les vaccinations et dépistages en France.
  • Les mutuelles pourraient offrir des incitations financières pour promouvoir la prévention.
  • Objectif : augmenter les taux de couverture vaccinale et réduire le déficit de l’assurance maladie.

Le rapport « refonder l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaires santé au service de la transformation du système santé » a été élaboré par un groupe d’experts, dont l’ancienne ministre de la Santé, Élisabeth Hubert. Ce document, de près de cent pages, aborde des questions de financement et d’incitation à la prévention dans un contexte de déficit croissant de l’assurance maladie, évalué à 15,9 milliards d’euros en 2025.

Une des recommandations centrales du rapport est l’introduction d’un « bonus prévention ». Ce dispositif permettrait aux mutuelles de proposer des réductions aux assurés respectant des parcours de prévention, tels que les vaccinations et les tests de dépistage. En contrepartie, ces organismes devraient allouer au moins 2 % de leurs dépenses à des actions de prévention.

La mise en œuvre de cette initiative nécessiterait l’adoption d’une loi permettant aux organismes d’assurance santé d’expérimenter ce nouveau modèle de rémunération. L’idée est d’inciter les assurés à participer activement aux programmes de santé publique, avec pour objectif d’améliorer les taux de vaccination au sein de la population.

Le rapport souligne également que la santé publique doit évoluer vers une approche plus préventive, surtout dans un contexte où le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques pèsent sur les finances de l’État. La prévention, qui ne représente actuellement que 2,3 % des dépenses de santé en France, doit devenir une priorité, à l’instar des pratiques observées dans d’autres pays européens où ce taux est compris entre 3 et 5 %.

Les experts mettent en avant l’importance de la transformation du système de santé pour répondre aux enjeux futurs. La pratique actuelle, centrée sur le curatif, doit céder la place à une approche préventive. En effet, les chiffres montrent un reflux inquiétant de la vaccination depuis la pandémie de Covid-19. Les taux de couverture vaccinale sont en déclin, particulièrement chez les personnes âgées et les professionnels de santé.

En 2024-2025, seulement 53,7 % des personnes âgées de 65 ans et plus ont été vaccinées, ainsi que 25,3 % des personnes à risque de moins de 65 ans. Les professionnels de santé exerçant en Ehpad affichent également des taux alarmants, atteignant seulement 34,2 % pour les infirmiers et 19,3 % pour les aides-soignants.

Cette situation met en lumière l’urgence d’agir pour améliorer la vaccination et le dépistage en France. Le rapport appelle à une meilleure coordination des acteurs de la santé et à la mise en place d’une nouvelle stratégie nationale axée sur la prévention. Le défi consiste à responsabiliser chaque citoyen quant à l’utilisation de ce bien commun qu’est notre système de protection sociale.

Les experts concluent en soulignant que la pérennité de la couverture santé en France nécessite une prise de conscience collective et des efforts concertés pour réduire les inégalités sociales en matière de santé. Les propositions avancées pourraient contribuer à transformer le paysage de la santé en France, en plaçant la prévention au cœur des préoccupations publiques.

Alors que le débat sur la rémunération pour la vaccination et le dépistage s’intensifie, il est crucial de considérer les implications à long terme de cette approche. La santé publique est un enjeu qui touche chaque citoyen, et l’avenir de notre système de santé dépendra de notre capacité à innover et à adapter nos pratiques aux besoins de la population.