Le gouvernement durcit les règles du CPF : les salariés payent le prix fort

Le gouvernement français a décidé de renforcer les conditions d’accès au Compte Personnel de Formation (CPF), une mesure qui risque de peser lourd sur les salariés. À partir de 2027, le reste à charge pour les formations jugées « non-prioritaires » devrait grimper de 150 à 350 euros, selon les déclarations d’un proche du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, rapportées par RMC ce mercredi 23 septembre. Cette réforme s’inscrit dans un cadre budgétaire contraint, visant à réaliser des économies de 350 millions d’euros.

EN BREF

  • Le reste à charge pour les formations non-prioritaires passera de 150 à 350 euros.
  • Les salariés devront remplir un questionnaire pour définir la priorité de leur formation.
  • Cette réforme suscite une vive réaction des syndicats et des salariés sur les réseaux sociaux.

Les nouvelles conditions d’utilisation du CPF imposent aux salariés de justifier leur choix de formation par un questionnaire, qui déterminera si celle-ci est considérée comme prioritaire. Si le gouvernement juge la formation prioritaire, le reste à charge reste à 150 euros. En revanche, pour les formations non-prioritaires, le salarié devra débourser 350 euros. Ce changement représente une augmentation considérable pour les travailleurs, qui verront ainsi leur autonomie réduite dans le choix de leur formation.

Agathe Le Berder, membre de la direction confédérale de la CGT, a exprimé son indignation face à cette mesure, soulignant qu’il s’agit d’un droit acquis par les salariés. « C’est un droit qui est dans la main des salariés pour lequel ils cotisent, c’est leur possibilité de choisir en autonomie leur formation », a-t-elle déclaré. Pour elle, cette augmentation du reste à charge est inacceptable et va à l’encontre de l’esprit même du CPF.

La réaction des salariés sur les réseaux sociaux a été immédiate. Beaucoup dénoncent le fait que le CPF, qui devait initialement permettre aux travailleurs de choisir librement leur formation, se transforme en une contrainte financière. « Comment dévoyer complètement l’esprit du CPF qui devait permettre aux salariés de choisir librement une formation », s’est exclamé un utilisateur sur X (ex-Twitter). Un autre a ajouté : « Quel plaisir de savoir qu’il va falloir lâcher 350€ pour accéder à MON argent ». Ces témoignages témoignent d’un profond mécontentement face à une réforme jugée punitive.

Deux exceptions à cette hausse sont néanmoins prévues : les demandeurs d’emploi et les salariés dont l’employeur ou un organisme accepte de co-financer la formation non-prioritaire. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement modifie les règles du CPF. En 2026, des mesures avaient déjà été instaurées, notamment un plafonnement des droits mobilisables pour une formation et une restriction du financement du permis de conduire aux seuls chômeurs.

Alors que le débat sur la réforme du CPF continue de faire rage, une question se pose : cette nouvelle politique répond-elle réellement aux besoins des salariés ou ne fait-elle que renforcer les inégalités dans l’accès à la formation professionnelle ? Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer les réactions des acteurs concernés et les ajustements éventuels du gouvernement.