Chloé, une jeune femme de 29 ans, se heurte à un obstacle majeur dans son rêve de maternité : son poids. Désireuse de devenir maman, elle a vu son accès à la procréation médicalement assistée (PMA) refusé en raison de critères de poids, une situation qui met en lumière les discriminations vécues par de nombreuses femmes en surpoids dans le milieu médical.
EN BREF
- Chloé, atteinte du SMOP, se voit refuser l’accès à la PMA en raison de son poids.
- Elle souligne la grossophobie vécue dans le parcours médical et les préjugés liés à son poids.
- Malgré les échecs, elle reste déterminée à réaliser son rêve de maternité.
Le parcours de Chloé pour devenir mère a débuté il y a deux ans, lorsqu’elle a décidé de consulter un professionnel de santé en raison de son désir d’enfants. Diagnostiquée du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), une pathologie entraînant des difficultés d’ovulation et souvent associée à une prise de poids, elle a été orientée vers la PMA. Cependant, les remarques désobligeantes de certains médecins sur son poids ont terni cette expérience.
« Madame, il va falloir arrêter le sucre », a été l’une des phrases qui l’a marquée, alors qu’elle expliquait que ses difficultés à perdre du poids étaient liées à sa condition médicale. Les critères stricts imposés par le corps médical l’ont contrainte à se heurter à une réalité difficile : « Pour entrer dans le programme PMA, il faut perdre minimum 10 kg », a annoncé une obstétricienne, sans donner d’explications supplémentaires.
Ce refus a été un coup dur pour Chloé et son compagnon. Dégoûté, le couple a abandonné son projet de PMA, et Chloé a décidé de se concentrer sur elle-même, cherchant à s’accepter telle qu’elle est. « Être maman, c’était mon plus grand rêve […] Ça m’a tellement brisée que j’ai juste laissé tomber », confie-t-elle.
Avec le soutien de l’association Gras politique, qui lutte contre la grossophobie, Chloé a pu exprimer son désarroi face aux comportements inacceptables rencontrés chez certains professionnels de santé. La grossophobie se manifeste à travers des préjugés et des jugements basés sur le poids, impactant la qualité des soins reçus par les personnes concernées.
Après avoir remporté le concours « Miss Belle en Forme », qui célèbre la diversité des corps, Chloé a retrouvé confiance en elle. Elle a décidé de reprendre contact avec un autre gynécologue, espérant obtenir un discours moins critique. Cependant, le message a été à nouveau le même : « Vous avez 20 kg à perdre », a-t-il déclaré, tout en lui conseillant de consulter un endocrinologue pour explorer des traitements anti-obésité.
Chloé a alors commencé à envisager des solutions telles que le Mounjaro ou le Wegovy, des médicaments récemment popularisés pour lutter contre l’obésité. En parallèle, elle s’astreint à une routine de sport et de comptage des calories, tout en affirmant le droit de vivre pleinement, indépendamment des normes corporelles imposées par la société. « On n’est jamais gros parce qu’on le veut, la vie a fait que », explique-t-elle.
Son témoignage soulève des questions éthiques sur l’accès à la PMA et les critères de poids. Les médecins doivent-ils refuser des traitements en raison d’un surpoids, alors que cela peut être lié à des conditions médicales sous-jacentes ? Chloé, bien qu’elle ait envisagé une opération gastrique si nécessaire, reste déterminée à réaliser son rêve de maternité, convaincue que chaque parcours est unique et mérite d’être respecté.
À travers son histoire, Chloé met en lumière les combats que de nombreuses femmes mènent face à des préjugés et des discriminations, tout en espérant que son témoignage contribuera à une prise de conscience collective sur la grossophobie dans le domaine de la santé.