Arrêter Ozempic, Wegovy ou Mounjaro : quels effets sur la santé cardiovasculaire ?

Avec la montée en popularité des traitements tels qu’Ozempic, Wegovy et Mounjaro, la question de l’arrêt de ces médicaments se pose de plus en plus fréquemment. En effet, après plusieurs mois ou années de traitement, les patients sont souvent confrontés à des choix difficiles. Les effets secondaires, le coût croissant des traitements et les espoirs de stabilisation du poids incitent de nombreux patients à envisager l’interruption de leur traitement. Une étude récemment publiée met en lumière les risques associés à cette décision, notamment en ce qui concerne la santé cardiovasculaire.

EN BREF

  • Une étude montre l’augmentation du risque d’AVC et d’infarctus après l’arrêt des traitements.
  • Les effets néfastes sur la santé cardiovasculaire se manifestent rapidement après l’interruption.
  • Un suivi médical personnalisé est recommandé pour les patients envisageant d’arrêter leur traitement.

Cette recherche, réalisée par l’Université de Washington et publiée en mars 2026 dans le journal BMJ Medicine, a suivi plus de 330 000 vétérans atteints de diabète de type 2 sur une période de trois ans. Les participants ont été divisés en deux groupes : ceux traités par agonistes des récepteurs du GLP-1, tels que le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro), et ceux traités par sulfonylurées. Les résultats ont révélé que l’interruption du traitement par GLP-1, même pendant une courte durée de six mois, était associée à une augmentation progressive du risque d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus ou de décès.

Pour les patients qui ont poursuivi le traitement durant toute la durée de l’étude, le risque d’événements cardiovasculaires majeurs a diminué de 18 %, soit quatre événements évités pour 100 personnes. Le Dr Ziyad Al-Aly, principal auteur de l’étude, souligne que l’arrêt du traitement ne fait pas seulement revenir le poids perdu, mais entraîne également une résurgence de l’inflammation, de la pression artérielle et du cholestérol. Ces changements métaboliques peuvent nuire gravement à la santé cardiaque.

En effet, après l’arrêt, beaucoup de patients constatent une reprise de poids significative, avec une moyenne de 60 % du poids perdu regagné au bout d’un an. Cette reprise de poids s’accompagne souvent d’une augmentation de la glycémie, de la tension artérielle et du cholestérol. De plus, chez certains patients, même une interruption temporaire du traitement peut affecter la protection cardiovasculaire. Il est à noter que la simple reprise du médicament ne rétablit que partiellement la situation antérieure.

Les agonistes du GLP-1, dérivés d’une hormone digestive, sont reconnus pour leur capacité à améliorer la satiété, le contrôle glycémique et, chez certains patients, à réduire le risque d’événements cardiaques graves. Toutefois, il est essentiel de rappeler que les résultats de cette étude concernent spécifiquement les patients atteints de diabète de type 2 et ne doivent pas être généralisés à tous les utilisateurs de GLP-1, notamment ceux qui utilisent ces médicaments uniquement pour la gestion du poids.

Ces résultats renforcent l’idée qu’un suivi médical personnalisé est crucial lors de l’arrêt de tout traitement. La durée idéale d’utilisation des agonistes du GLP-1 n’est pas encore clairement établie, et plusieurs essais cliniques sont nécessaires pour évaluer les risques à long terme. La priorité doit être de maintenir la protection cardiovasculaire des patients tout en évitant les effets secondaires ou une reprise rapide du poids.

En conclusion, il apparaît que l’arrêt du traitement par Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ne doit pas être pris à la légère. Les patients doivent être informés des risques associés et bénéficier d’un suivi médical adéquat pour naviguer au mieux cette transition. La prise de décision doit être soigneusement évaluée, afin d’assurer le bien-être et la santé cardiovasculaire des individus concernés.