Jérôme Lavrilleux critique les retraités expatriés qui reviennent en France pour des soins

Dans un contexte économique difficile, marqué par une forte inflation et des préoccupations croissantes sur le coût de la vie, de nombreux retraités français choisissent de s’expatrier. Les raisons sont multiples : recherche d’un meilleur climat, d’un coût de la vie plus abordable, ou tout simplement d’un cadre de vie plus agréable. Cependant, cette tendance suscite des controverses, notamment de la part de Jérôme Lavrilleux, qui estime que les retraités qui choisissent de vivre à l’étranger ne devraient pas revenir pleurer en cas de problème de santé.

EN BREF

  • 1 million de retraités français vivent à l’étranger, principalement en Algérie et au Portugal.
  • Jérôme Lavrilleux appelle à un impôt minimum pour les expatriés, dénonçant les abus.
  • Des retraités évoquent leur droit de bénéficier de l’assurance-maladie en France malgré leur expatriation.

Selon le dernier baromètre Natixis, la France se classe au 29e rang des 34 pays où il fait bon vivre en tant que retraité. Cela peut expliquer pourquoi tant de Français, lassés par les difficultés économiques et les contraintes fiscales, choisissent de passer leur retraite à l’étranger. Des destinations prisées comme l’Algérie, le Portugal, l’Espagne et l’Italie attirent un grand nombre de ces expatriés.

Pour Jérôme Lavrilleux, 57 ans, cette tendance pose un problème moral. Sur le plateau d’Estelle Midi, il a exprimé son indignation face à la situation : « La retraite que je vais toucher sera payée par quelqu’un qui travaille et je vais m’expatrier pour payer moins d’impôts et dépenser cet argent à l’étranger? Je trouve que ce n’est pas bien. » Son propos soulève une question importante sur les responsabilités fiscales des retraités vivant à l’étranger.

Lavrilleux propose l’instauration d’un impôt minimum pour tous les expatriés, quel que soit leur lieu de résidence. Il souligne que ceux qui choisissent de vivre à l’étranger pour des raisons fiscales ne devraient pas bénéficier des services de santé en France sans y avoir contribué. « Il ne faut pas venir pleurer quand vous avez un problème de santé et que vous revenez en France », ajoute-t-il, insistant sur la nécessité de respecter les règles fiscales.

Les réactions à ses propos ne se sont pas fait attendre. Juliette Briens, une autre intervenante lors de l’émission, a défendu les retraités expatriés, arguant qu’ils ont cotisé durant de nombreuses années et méritent d’être pris en charge lorsqu’ils rencontrent des problèmes de santé. « Ils ont cotisé pendant 45 ans et qu’il leur arrive quelque chose, qu’ils soient pris en charge, ça ne me choque absolument pas », a-t-elle affirmé.

Les témoignages de retraités vivant à l’étranger illustrent bien ce dilemme. Benjamin Müller, qui a rencontré plusieurs Français au Portugal, rapporte que beaucoup d’entre eux, bien qu’ayant choisi de vivre à l’étranger, effectuent des allers-retours en France pour leurs soins médicaux. « Ils n’avaient aucune origine portugaise, vivaient là-bas, assumaient le côté fiscal. Sauf que forcément, ils faisaient l’aller-retour régulièrement pour aller se faire soigner », explique-t-il.

Le cardiologue Nicolas, basé à Toulouse, a également constaté que des retraités vivant à l’étranger reviennent en France pour des soins médicaux coûteux, mettant une pression supplémentaire sur le système de santé français. « Il y a des gens qui vivent au Maghreb, au Portugal, en Espagne ou en Thaïlande, qui ont un discours très dur sur les conditions de vie en France. Pourquoi pas mais ils viennent se faire soigner pour un pontage coronaire en France », souligne-t-il.

Face à cette situation, certains retraités, comme Romain, chauffeur routier à Perpignan, restent convaincus de leur choix. « Moi la retraite, c’est direction Séville en Andalousie », déclare-t-il. Il se dit prêt à assumer les conséquences de son choix, y compris en matière de santé. « J’assumerai d’être à l’étranger, je n’ai jamais profité du système », assure-t-il.

Pascal, un agent immobilier du Vaucluse, partage également cette vision. Il envisage de s’installer en Grèce ou en Sicile, convaincu que cela lui permettra de retrouver une qualité de vie perdue. « Cela ne me posera pas de problème de profiter de l’assurance-maladie. J’ai cotisé toute ma vie, je n’ai jamais été malade, pourquoi je n’aurais pas le droit d’en profiter? », interroge-t-il.

Pour les retraités qui choisissent de vivre à l’étranger, il est important de comprendre les implications de leur décision, tant sur le plan fiscal que sur l’accès aux soins en France. En effet, en s’installant à l’étranger, ils continuent de percevoir leur pension française tout en bénéficiant de l’assurance-maladie s’ils résident dans un pays de l’Union européenne. Toutefois, les enjeux de la fiscalité et des services de santé soulèvent des questions complexes qui méritent d’être débattues.