L’Église catholique, un modèle de reconnaissance des abus selon Jean-Marc Sauvé

À quelques heures de la rencontre tant attendue entre le pape Léon XIV et des victimes de violences sexuelles, Jean-Marc Sauvé, ancien président de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), s’est exprimé sur franceinfo. Dans son intervention, il a souligné le rôle pionnier de l’Église catholique en matière de reconnaissance et de réparation des abus.

EN BREF

  • Jean-Marc Sauvé valorise l’initiative de l’Église en matière de réparation des abus.
  • Le pape rencontrera des victimes mais pas les collectifs, suscitant des critiques.
  • 95 % des abus sexuels se produisent en dehors de l’Église, rappelle Sauvé.

La visite du pape à Lourdes, programmée pour ce dimanche, marque une étape cruciale dans la lutte contre les abus sexuels au sein de l’Église. Jean-Marc Sauvé a insisté sur le fait que l’Église catholique, contrairement à d’autres institutions, a mis en place un dispositif indépendant, l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), pour traiter ces questions.

Cette instance, créée en 2021, fait suite au rapport de la Ciase, lequel chiffre à 330 000 le nombre de victimes d’abus sexuels au sein de l’Église française entre 1950 et 2020. Jean-Marc Sauvé a mis en lumière que l’Église est la seule institution à avoir mené un travail approfondi de reconnaissance et de réparation, contrairement à d’autres institutions d’accueil et d’éducation des mineurs.

Lors de la rencontre, le pape Léon XIV s’adressera à sept victimes, une approche qui a été critiquée par certains, notamment le cofondateur du collectif des victimes de Bétharram. Sauvé a reconnu que d’autres formats de rencontre auraient pu être envisagés, mais il a expliqué que le pape privilégie un contact direct avec les victimes plutôt qu’avec des collectifs ou des mouvements.

Jean-Marc Sauvé a également mis en exergue une réalité troublante : les violences sexuelles sur mineurs ne sont pas l’apanage de l’Église catholique. Selon le rapport de la Ciase, 95 % des abus se produisent dans des contextes familiaux ou d’autres institutions publiques. Il a précisé que le modèle de l’Église catholique en France pourrait servir d’exemple pour d’autres pays, en particulier en Europe, mais aussi en Afrique et en Asie, où la question des abus sexuels demeure largement sous-explorée.

Cette déclaration souligne l’importance d’une approche globale face aux violences sexuelles, qui transcende les frontières religieuses et géographiques. Jean-Marc Sauvé conclut en soulignant que la lutte contre les abus doit être une priorité universelle, et que l’Église catholique, par son engagement, peut montrer la voie.

La rencontre de ce dimanche entre le pape et les victimes est un moment symbolique fort, mais elle ne doit pas occulter les défis qui restent à relever dans la reconnaissance et la prévention des abus sexuels dans toutes les sphères de la société.