Depuis le 8 septembre, les pompiers sont en grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail et de reconnaissance. Ce dimanche 27 septembre, plusieurs d’entre eux ont décidé d’occuper le Champ de Mars, face à la Tour Eiffel, afin de sensibiliser les Parisiens à leur cause. Cependant, un groupe souvent moins entendu, mais représentant une part significative des effectifs, est celui des pompiers volontaires.
EN BREF
- Les pompiers volontaires représentent 200 000 personnes en France, contre 40 000 professionnels.
- Ils demandent des dispositifs pour mieux concilier leur engagement et leur vie professionnelle.
- Une augmentation de l’indemnité horaire de garde est également souhaitée.
Les pompiers volontaires, héros du quotidien, jonglent entre leur vie professionnelle, familiale et leur engagement. Didier, pompier volontaire depuis 36 ans et référent des services généraux dans une coopérative agricole du Morbihan, témoigne des sacrifices liés à cette vocation. À 60 ans, il a dû faire face à des absences régulières, ce qui a impacté sa vie de famille. « J’ai fait beaucoup de sacrifices parce que j’avais une épouse qui a accepté mes absences. Quand j’avais mon bip qui sonnait la nuit, elle se levait pour que j’aille plus vite à la caserne », raconte-t-il.
Les défis émotionnels et logistiques sont nombreux. Didier se remémore les anniversaires et les fêtes familiales ratés, en soulignant : « Quand le bip sonne, on est obligé de partir. Mon fils Corentin, adolescent à l’époque, m’avait dit : ‘Papa, t’es pas souvent à la maison’ ». Ce constat met en lumière la pression que subissent les pompiers volontaires, qui doivent s’assurer que leur engagement est compris et accepté par leur entourage.
Un autre témoignage, celui de Xavier, pompier depuis 28 ans et chauffeur-routier, illustre également les difficultés rencontrées. Il a subi deux licenciements en raison de son engagement en tant que pompier volontaire. Selon lui, les employeurs ne comprennent pas toujours l’importance de cet engagement : « J’ai été menacé de licenciement car j’ai refusé d’abandonner les pompiers. Quand on part en intervention à 2 heures du matin, il est difficile de gérer son travail le lendemain », explique-t-il.
Aujourd’hui, Xavier a plus de sérénité, car son employeur a signé une convention avec le Service départemental d’incendie et de secours. Ce type de mesure est justement ce que réclament de nombreux pompiers volontaires : une meilleure intégration au sein de leurs entreprises respectives, permettant ainsi un équilibre entre travail et engagement.
Mickaël Maunoir, membre de la Fédération nationale des Sapeurs-Pompiers, souligne que cette situation n’est pas tenable pour les petites et moyennes entreprises. « Lorsqu’une PME doit répondre à des engagements envers ses clients, le départ d’un salarié pour des interventions d’urgence peut avoir des conséquences graves », précise-t-il. Ainsi, il appelle à une aide de l’État sous forme de baisses de charges pour les entreprises qui soutiennent leurs employés pompiers.
Une autre solution envisagée par Maunoir serait le recrutement de 50 000 volontaires supplémentaires. Cela pourrait réduire la charge de travail des pompiers actuels et permettre une meilleure répartition des interventions. « Si demain nous étions 250 000, la sollicitation serait forcément moindre et cela pourrait alléger les préoccupations familiales », affirme-t-il.
Enfin, un autre point crucial de leurs revendications est l’augmentation de l’indemnité horaire de garde, actuellement fixée à 8,71 euros. Cette rémunération est jugée insuffisante pour attirer et retenir des volontaires dans un contexte où chaque année, les pompiers volontaires réalisent 75 % des interventions en France, notamment dans les zones rurales où la présence de pompiers professionnels est limitée.
Le combat des pompiers volontaires met en lumière les défis de ceux qui choisissent de servir leur communauté tout en maintenant des obligations professionnelles et familiales. Leur voix mérite d’être entendue et leurs demandes, prises en considération.