Production de viande en France : la filière face à une crise sans précédent

La filière viande française traverse une période de grande incertitude, exacerbée par des conditions climatiques défavorables et une baisse significative du cheptel. Ce lundi, Culture Viande, l’organisation représentant les abattoirs et les entreprises de découpe, a tiré la sonnette d’alarme sur les répercussions de cette situation sur la production et la consommation de viande.

EN BREF

  • Culture Viande alerte sur une production de viande en forte baisse.
  • Les éleveurs envoient plus d’animaux à l’abattoir en raison d’un manque de fourrage.
  • La consommation de viande bovine diminue alors que les prix augmentent.

La sécheresse prolongée a sérieusement affecté la disponibilité du fourrage, poussant ainsi les éleveurs à envoyer un plus grand nombre d’animaux à l’abattoir. Selon Yves Fantou, président de Culture Viande, « les Français continuent de manger de la viande. Notre responsabilité est de faire en sorte qu’elle reste produite en France ». Toutefois, cette situation pourrait être aggravée par l’arrivée d’animaux en moins bon état, alors que les capacités d’engraissement sont déjà limitées dans le pays.

Ce contexte économique est d’autant plus difficile que la consommation de viande bovine en France est en déclin. En 2025, bien que la consommation globale de viande ait augmenté de 1,3 %, principalement grâce au poulet et au porc, celle de la viande bovine a chuté de 3 %. Cette tendance s’est intensifiée au début de l’année 2026, selon les informations fournies par Culture Viande.

Pour Yves Fantou, cette situation est « catastrophique pour tout le monde », en raison d’un marché qui ne semble pas prêt à absorber un surplus de viande bovine. La hausse des prix des matières premières complique également la situation. En 2025, le prix d’achat des gros bovins par les abattoirs a augmenté de 22 %, tandis que les prix de vente n’ont crû que de 14 %. Cette situation a entraîné une contraction des marges des entreprises du secteur, qui se situent au plus bas depuis 2017.

Les coûts associés à la production de viande, tels que ceux liés à l’emballage, à l’énergie, et à l’eau, ont également augmenté, exacerbés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Malgré ces défis, la hausse des prix de la viande bovine en 2025 avait permis une amélioration temporaire des rémunérations des éleveurs.

Les relations entre les éleveurs et les abattoirs demeurent tendues. Cet été, plusieurs manifestations ont eu lieu devant des établissements du groupe Bigard, qui est membre de Culture Viande, en réaction à la baisse des prix payés aux producteurs depuis le début de l’année. Alors que différentes fédérations d’éleveurs exigent des revalorisations à la rentrée, Yves Fantou a indiqué qu’ils sont en discussion avec la production pour poursuivre la production de viande en France.

Face à cette crise, l’avenir de la filière viande française reste incertain. Les acteurs du secteur doivent naviguer entre les besoins des consommateurs, les exigences économiques et les défis environnementaux, tout en préservant la qualité et la durabilité de leur production.