Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a une nouvelle fois réagi aux allégations de Mediapart concernant des messages antisémites prétendument envoyés par lui en 2013. Ce jeudi 1er octobre, il a fermement démenti être l’auteur des propos incriminés, qualifiant les éléments fournis par le média d’« pseudo-preuves » et de « montages grossiers ». Bardella a annoncé son intention de déposer une plainte pour faux et usage de faux, en plus d’une plainte pour diffamation déjà engagée contre Mediapart.
EN BREF
- Jordan Bardella conteste des messages antisémites publiés par Mediapart.
- Il annonce une nouvelle plainte pour faux et usage de faux.
- Des soutiens politiques affirment que l’authenticité des messages n’est pas prouvée.
Dans un message publié sur X, Bardella a déclaré : « Ces “preuves” n’en sont donc pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal. La prétendue “investigation” s’effondre déjà. » Cette déclaration intervient après que Mediapart a diffusé des éléments authentifiés, notamment via la plateforme Meta, qui indiqueraient que ces messages ont bien été envoyés par Bardella. Le doyen des juges d’instruction du tribunal de Paris a confirmé avoir reçu la plainte de Bardella pour diffamation.
Des députés du Rassemblement national, tels que Jean-Philippe Tanguy, ont rapidement pris la défense de Bardella, affirmant que rien ne prouve l’authenticité des messages qui lui sont attribués. Sur le même ton, Kévin Pfeffer et Thierry Mariani ont également exprimé leur soutien sur X, contestant la véracité des accusations.
En revanche, des personnalités politiques telles qu’Édouard Philippe, du parti Horizons, ont exprimé des préoccupations concernant les propos de Bardella. Philippe a évoqué des déclarations « à caractère manifestement et scandaleusement antisémites », soulignant qu’il appartient à Bardella et à son parti de tirer les conséquences de ces accusations. Il a ajouté : « Avec les extrêmes, lorsque vous chassez le naturel, il finit toujours par revenir au galop. »
Mediapart a révélé avoir pu authentifier les messages antisémites via la maison mère de Facebook, Meta, et un huissier, affirmant que les captures d’écran publiées montrent des propos tenus par Bardella, alors jeune militant. Les échanges auraient été extraits d’une conversation Messenger, dont l’authenticité a été corroborée par un huissier, d’après le journal. Les éléments biographiques révélés dans ces conversations appuient l’argument selon lequel il s’agit bien de Bardella, mentionnant des détails de sa vie personnelle, tels que l’origine italienne de sa mère et une interview qu’il avait accordée au Parisien.
Le contenu des messages diffusés par Mediapart est particulièrement troublant, incluant des déclarations telles que : « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » et d’autres propos antisémites explicites. Ces révélations ont suscité une vive réaction dans le milieu politique et médiatique, mettant une nouvelle fois en lumière les tensions autour des discours d’extrême droite en France.
La situation actuelle soulève de nombreuses questions sur la responsabilité des acteurs politiques face à des accusations aussi graves. Alors que Bardella s’efforce de se défendre, les débats sur la véracité des déclarations et leur impact sur sa carrière politique continuent de faire rage. Le climat autour de ces accusations pourrait avoir des répercussions sur l’image du Rassemblement national, déjà en proie à des controverses similaires par le passé.
Dans ce contexte, il sera intéressant d’observer comment la justice va traiter ces plaintes et quelles seront les conséquences politiques pour Bardella et son parti dans les mois à venir.