La France se prépare à réaliser un nouvel essai de son missile balistique M51.3, sans charge nucléaire, dans les jours à venir, comme l’a annoncé dimanche Ouest France. Ce tir, qui s’inscrit dans le cadre des opérations régulières des sous-marins nucléaires, aura lieu au large des îles du Glénan, dans le Finistère.
EN BREF
- Un tir d’essai du missile M51.3 sera effectué au large du Finistère.
- Le SNLE Le Vigilant procédera à ce tir, prévu dans les prochains jours.
- Ce tir fait partie d’une programmation régulière et ne dépend pas de l’actualité internationale.
Etienne Marcuz, analyste en armements stratégiques, a précisé que le tir sera réalisé à partir du SNLE Le Vigilant, un sous-marin nucléaire lanceur d’engins. Ce dernier a une portée maximale de 4 700 kilomètres, bien que ce ne soit pas la portée exploitée lors de cet essai. Le précédent tir d’un missile balistique en France date de novembre 2023, effectué depuis Biscarrosse.
Les sous-marins nucléaires, comme Le Vigilant, subissent tous les dix ans une phase d’Iper (Indisponibilité périodique pour entretien et réparation) afin d’assurer leur longévité opérationnelle. Le Vigilant a commencé son Iper à l’automne 2023 sur la base de l’Île Longue, avec le retrait des armes et des éléments combustibles de la chaufferie nucléaire. Ce processus est crucial pour garantir que le sous-marin puisse reprendre ses missions en toute sécurité.
Une fois la phase d’Iper achevée et après une série d’essais en mer pour requalifier tous les systèmes, chaque sous-marin doit procéder à un tir de missile M51 pour valider son retour dans le cycle opérationnel. Cela fait partie d’une programmation pluriannuelle, totalement décorrélée de l’actualité internationale, souligne Marcuz.
Le précédent tir a eu lieu en 2023, suivi de ceux de 2020 et 2016. On constate donc une fréquence d’environ un tir tous les trois à quatre ans, un rythme soutenu pour les activités liées à la dissuasion. L’expert précise que « tout ce qui est en lien avec la dissuasion est ultra-cadencé », ce qui souligne l’importance des essais réguliers dans le cadre de la stratégie de défense nationale.
Ouest France a également signalé qu’un avis de navigation a été émis, interdisant la circulation maritime dans une zone au sud-ouest de Penmarc’h, où le tir est programmé. Cette interdiction prendra effet à partir de ce lundi et devrait se poursuivre jusqu’au mercredi 21 octobre, selon l’avancement des opérations. Le tir est prévu durant cette période entre 2 heures et 13 heures, offrant une fenêtre strictement encadrée pour cette opération délicate.
En somme, ce tir de missile balistique représente non seulement un élément clé des capacités de dissuasion de la France, mais il illustre également l’importance de maintenir des essais réguliers pour assurer l’efficacité et la sécurité des systèmes d’armement. Le monde observe attentivement ces développements, même si, pour l’heure, ce tir s’inscrit dans un cadre préétabli et ne répond pas à des impératifs d’actualité internationale immédiate.