Un lycéen de Lens amputé après une explosion de grenade des CRS lors d’une manifestation

Ce lundi 5 octobre, un adolescent de 15 ans a perdu sa main suite à l’explosion d’une grenade lancée par des CRS, alors qu’il participait à une manifestation lycéenne à Lens. Les faits se sont déroulés à proximité de son établissement scolaire.

EN BREF

  • Un lycéen a perdu sa main à cause d’une grenade des CRS lors d’une manifestation.
  • Les circonstances de l’incident sont floues, une enquête de l’IGPN est ouverte.
  • Le ministre de l’Éducation et des élus s’inquiètent des méthodes de maintien de l’ordre.

Les circonstances de cet incident tragique demeurent incertaines. Le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry, a déclaré : « Je ne suis pas en mesure de dire formellement si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a été jetée sur lui. » Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a également exprimé sa prudence, qualifiant la situation d’« humainement dramatique ».

Une élève présente lors des faits a témoigné à La Voix du Nord, affirmant que l’adolescent ne semblait pas avoir ramassé la grenade : « On était en train de courir, ils ont lancé la boule, je ne sais pas ce que c’était exactement. Il l’a reçue dans sa main et d’un seul coup, ça a explosé ! » Toutefois, une source policière a suggéré que le lycéen aurait essayé de ramasser la grenade de désencerclement pour la relancer, ce qui expliquerait l’explosion.

Face à cette situation, l’IGPN, la police des polices, a été saisie pour « délit de violence ayant entraîné une mutilation, une infirmité permanente ». Cette enquête vise à faire la lumière sur la chronologie des événements et la relation des faits.

Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, a indiqué que l’adolescent blessé a été transporté « très rapidement » à l’hôpital de Lille. Bien que la gravité de la situation soit reconnue, il a assuré que « les jours de ce lycéen ne sont pas en danger ».

Le maire de Lens, Sylvain Robert, a exprimé sa tristesse, soulignant que « la vie d’un jeune a changé radicalement ce matin ». Il a également appelé au calme, en rappelant que les revendications des lycéens sont légitimes, mais qu’il est inacceptable d’en arriver à de tels débordements. Le lycée professionnel Auguste-Béhal, où était scolarisé l’adolescent, a annoncé la mise en place de cours à distance et l’ouverture d’une cellule d’écoute et de soutien.

Ce rassemblement regroupait entre 200 et 250 lycéens devant le lycée Auguste-Béhal. Selon le préfet, ce nombre était supérieur aux manifestations des semaines précédentes. Des affrontements ont eu lieu, avec des jeunes lançant divers projectiles sur les forces de l’ordre. Les CRS ont été déployés pour maintenir l’ordre, et c’est dans ce contexte que l’incident s’est produit.

Les méthodes des forces de l’ordre suscitent des interrogations et des indignations. Édouard Geffray a affirmé que des « consignes de proportionnalité » avaient été données aux forces de l’ordre par le ministère de l’Intérieur.

La question de la responsabilité se pose désormais : grenade lancée par les forces de l’ordre ou ramassée par l’adolescent ? Divers responsables politiques, notamment de gauche, ont pointé du doigt Laurent Nuñez, en accusant le gouvernement de ne pas avoir suffisamment encadré l’usage de la force. Le sénateur communiste Ian Brossat a déclaré : « Comment ne pas y voir le résultat des consignes du ministre de l’Intérieur qui ne réclame “aucune retenue” aux forces de l’ordre ? »

À l’heure où le débat sur le maintien de l’ordre prend de l’ampleur, le groupe de députés socialistes a demandé l’audition du ministre de l’Intérieur devant la commission des lois de l’Assemblée. Agnès Panier-Runacher, députée Renaissance, a insisté sur l’importance de ne pas banaliser les événements tragiques qui se sont produits.