Les agriculteurs face à une recrudescence des vols de fruits et légumes

Après avoir subi les ravages de la sécheresse, les agriculteurs doivent désormais faire face à un autre défi bien plus humain : les vols de leurs produits, notamment les fruits et légumes. Cette situation alarmante touche de nombreux exploitants, en particulier les cultivateurs de pommes de terre dans le Nord de la France.

EN BREF

  • Les vols de fruits et légumes augmentent en raison de la hausse des prix.
  • Les agriculteurs, comme Tanguy Raux, constatent des pertes importantes.
  • Des mesures de sécurité, comme la vidéosurveillance, sont mises en place.

Dans la région de Valenciennes, Tanguy Raux, agriculteur sur 10 hectares, a récemment découvert que des portions de son champ avaient été retournées. « Il n’y a plus rien », a-t-il déclaré à RMC, signalant la difficulté accrue de récolter dans un contexte où les sols manquent d’eau. Avec des récoltes déjà compromises par la sécheresse, ces vols viennent aggraver une situation déjà précaire.

Les agriculteurs constatent que ces actes sont souvent motivés par des raisons économiques. D’après l’association de consommateurs Que Choisir, les prix des légumes ont augmenté de 17 % en un an, rendant ces produits encore plus attractifs pour les voleurs. « Nous avons déjà interpellé des voleurs il y a quinze jours, deux personnes qui s’emparaient de pommes de terre », a expliqué Raux. Ils auraient justifié leur acte par la nécessité de se nourrir, illustrant ainsi les difficultés croissantes de certains ménages.

Face à cette montée des vols, certains agriculteurs choisissent d’autoriser le « glanage », une pratique qui permet de récolter les pommes de terre laissées dans le champ après la récolte. Charles-Antoine Nautelry, un autre exploitant, a perdu plusieurs centaines de kilos de pommes de terre, représentant un préjudice de 600 euros. Il souligne les limites de cette pratique, précisant que seul ce qui est au sol après le passage de la machine peut être ramassé : « Ce qui est dans les buttes, c’est le fruit de notre travail ».

Les agriculteurs ne peuvent pas compter sur leur assurance pour couvrir ces pertes, car les vols ne sont pas pris en charge. Pour lutter contre ce phénomène, ils doivent donc se fier à la vigilance de leurs voisins et à des patrouilles fréquentes. La situation est d’autant plus préoccupante que d’autres secteurs agricoles sont également touchés par des méfaits similaires.

Dans le sud de la France, Tristan Arlaud a subi un vol de près de 10 000 euros l’année dernière, comprenant des tomates, des aubergines, des courges et des fraises. Pour protéger ses serres, il a opté pour l’installation de 16 caméras de vidéosurveillance. « Nous prenons en flagrant délit une personne par semaine en moyenne », a-t-il rapporté. Il raconte avoir récemment surpris un voleur en pleine journée, se servant de ses produits. « Chaque nuit, nous faisons le tour de nos champs en quad ou en voiture, avec une lampe torche. Ce n’est pas normal », déplore-t-il.

Bien que l’installation de caméras semble n’avoir pas réduit le nombre de vols, Arlaud se réjouit de voir les malfrats de plus en plus souvent interpellés par les gendarmes, et la plupart sont condamnés à rembourser les agriculteurs. Même si cette situation reste préoccupante, l’engagement des agriculteurs et les mesures prises pour sécuriser leurs récoltes montrent une résilience face à un problème devenu omniprésent.