Charles Consigny prône un durcissement du brevet et du bac pour mieux orienter les élèves

Dans un contexte éducatif en pleine mutation, Charles Consigny, avocat et homme de presse, exprime des préoccupations sur le niveau d’exigence des diplômes en France. Face à des revendications estudiantines qu’il qualifie de « grotesques », il critique un système qui, selon lui, conduit les élèves à obtenir des diplômes sans réelle valeur. Cette situation est accentuée par un taux de réussite au baccalauréat qui dépasse les 90% et un brevet jugé non contraignant.

EN BREF

  • Charles Consigny propose d’instaurer un brevet sélectif pour accéder au lycée.
  • Il s’inspire du modèle suisse, où l’orientation précoce est valorisée.
  • Des critiques émergent sur les risques de ségrégation sociale dans l’éducation.

Pour répondre à ces défis, Charles Consigny suggère la mise en place d’un brevet plus exigeant, qu’il considère comme une condition préalable à l’entrée au lycée. Cette réforme viserait à redéfinir l’approche actuelle qui pousse tous les élèves vers des études supérieures, sans tenir compte de leur aptitude ou de leurs intérêts professionnels.

En s’appuyant sur l’exemple de la Suède, où le taux de chômage des jeunes se chiffre à 8%, contre 20% en France, Consigny met en avant les bienfaits d’une orientation scolaire précoce. Dans ce pays, deux tiers des jeunes choisissent des filières d’apprentissage, souvent perçues comme des voies d’excellence. Un tel modèle pourrait potentiellement répondre à la pénurie de candidats qualifiés pour les nombreux emplois disponibles en France, souvent laissés vacants.

Ce débat a également suscité des réactions au sein des médias. Sur le plateau d’Apolline Matin, l’historien Arthur Chevallier a fait le parallèle entre la vision proposée par Consigny et celle de l’école de la IIIe République, qui orientait rapidement les élèves vers des métiers manuels. Bien que Chevallier reconnaisse l’efficacité de cette approche pour répondre aux besoins du marché, il souligne les dangers d’une ségrégation sociale, où les élèves issus de milieux aisés seraient séparés de ceux de milieux modestes.

D’autre part, l’économiste Emmanuel Lechypre défend l’idée que l’égalitarisme éducatif a entraîné une baisse du niveau général d’éducation. Il soutient que cette recherche d’égalité a provoqué un effondrement des standards éducatifs, affectant ainsi l’ensemble du système.

Consigny, quant à lui, rejette l’argument selon lequel son approche créerait un système à deux vitesses. Il assure que ses propositions s’appliqueraient à tous les élèves, indépendamment de leur origine sociale. Se remémorant sa propre expérience dans un lycée privé de faible niveau, il souligne que cette tendance à pousser tous les élèves vers l’enseignement supérieur peut les conduire à une stagnation académique, où de nombreux jeunes se retrouvent en première année de faculté sans parvenir à obtenir leur diplôme.

Pour Consigny, la solution réside dans une orientation précoce vers des métiers manuels, tels que carreleur, garagiste ou couvreur. Il soutient que cette approche devrait s’appliquer également aux enfants issus de familles aisées, souvent orientés vers des établissements privés coûteux. Il plaide ainsi pour un recentrage de l’éducation sur l’apprentissage professionnel dès le plus jeune âge.

En définitive, la proposition de Charles Consigny de durcir le brevet et le bac soulève des questions fondamentales sur l’éducation en France. Le débat sur le niveau d’exigence des diplômes et l’orientation des élèves est plus que jamais d’actualité, et mérite une attention particulière de la part des décideurs politiques et éducatifs.