Belfort : interpellation d’un lycéen dans un ruisseau, deux versions s’opposent

Une vidéo devenue virale met en lumière l’interpellation, vendredi, d’un lycéen de 17 ans dans un cours d’eau à Belfort. Cette situation suscite des débats autour de la légitimité de l’intervention policière et des accusations portées par l’adolescent, qui a déposé plainte pour tentative de meurtre à l’encontre d’un commandant de police. Ce dernier, selon le procureur de la République, Paul-Edouard Lallois, aurait agi dans le cadre de ses fonctions, mais les témoignages divergent fortement.

EN BREF

  • Un lycéen de 17 ans a été interpellé dans un ruisseau à Belfort.
  • Il accuse un policier de tentative de meurtre, ce que le procureur dément.
  • Deux versions s’opposent concernant les circonstances de l’interpellation.

Pour saisir l’ampleur de cette affaire, il convient d’examiner le contexte dans lequel l’incident s’est produit. Ce vendredi matin, aux alentours de 9h15, environ 200 jeunes s’étaient réunis près du lycée Gustave Courbet de Belfort, en réponse à un mouvement de contestation lycéen qui s’intensifiait. Selon le procureur, une cinquantaine de ces jeunes se livraient à des actes de violence, ce qui a conduit à l’intervention du commandant de police, un homme de 59 ans, en civil, et chef du service départemental du renseignement territorial.

Ce policier a justifié son intervention par la nécessité de maintenir l’ordre face à des violences croissantes. Il a d’abord suivi l’adolescent à distance, l’identifiant comme membre d’un groupe de casseurs. Alors que le lycéen tentait de se dissimuler près du ruisseau La Savoureuse, le policier a décidé d’intervenir, se présentant comme agent des forces de l’ordre. Selon le procureur, l’adolescent a alors tenté de fuir, ce qui a entraîné sa chute dans l’eau.

Dans sa plainte, le lycéen conteste cette version. Il affirme avoir été saisi par un individu dont il ignorait le statut de policier et emmené près du cours d’eau. Son avocat, Me Arié Alimi, a demandé le dépaysement de l’enquête, arguant que son client, ressortissant bulgare, n’avait pas compris la question posée par les enquêteurs. Les vidéos, bien que devenues virales, ne permettent pas de clarifier les événements, montrant seulement des séquences floues de l’interpellation.

Le procureur a également précisé que le policier avait tenté de menotter le jeune homme sur la berge, sans qu’il soit possible de déterminer si sa tête a été immergée dans l’eau. Les images montrent l’adolescent face contre terre, le policier à genoux sur lui, mais ne permettent pas d’attester des accusations de tentative de noyade.

La plainte du lycéen est perçue par certains syndicats policiers comme une tentative de récupération politique du mouvement lycéen. Ces derniers soulignent que peu après l’interpellation, le même policier a été agressé par plusieurs jeunes, dont l’adolescent interpellé. En garde à vue, celui-ci a reconnu avoir porté des coups de pied au policier, tout en affirmant qu’il n’avait pas été victime d’une tentative de noyade.

Cette situation soulève des questions sérieuses sur l’usage de la force par les policiers et les répercussions des manifestations lycéennes. Les tensions entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants semblent s’intensifier, et les versions contradictoires compliquent la recherche de vérité dans cette affaire.

Pour l’heure, le parquet n’a pas ouvert d’enquête sur les circonstances précises de l’interpellation, laissant cette situation dans une zone d’ombre qui pourrait se révéler problématique pour les acteurs impliqués.