La rentrée scolaire dans les lycées français se déroule dans un contexte délicat. Alors que 891 lycées étaient partiellement ou totalement fermés mardi 6 octobre, le gouvernement a incité les chefs d’établissement à reprendre progressivement les cours. Sébastien Lecornu, le ministre des Collectivités territoriales, a laissé aux proviseurs la liberté de faire entrer leurs élèves selon leur propre calendrier, à condition que les conditions de sécurité soient réunies.
EN BREF
- 891 lycées fermés au début de la semaine, chiffre en baisse à 528 mercredi.
- Temps de démocratie interne demandé par le Premier ministre.
- Risque de nouveaux blocages malgré la reprise des cours.
Ce mercredi 7 octobre, le ministère de l’Éducation nationale a constaté une réduction significative des fermetures, avec 528 établissements aux cours suspendus, marquant une baisse de 41 % par rapport à la veille. De plus, 86 % des établissements sont désormais complètement ouverts. Cette situation témoigne d’une volonté de retour à la normale, même si les tensions demeurent palpables.
Le Premier ministre a également demandé aux proviseurs de prévoir un temps de discussion avec les élèves. Cette initiative, qui consiste à organiser une demi-journée sans cours pour instaurer un dialogue interne, a été jugée par certains syndicats comme étant « irrespectueuse », notamment au regard des violences subies par plusieurs proviseurs lors des blocages récents. Néanmoins, la majorité des lycées s’efforcent de mettre en œuvre cette démarche.
Dans des établissements comme le lycée Victor Hugo de Marseille, la reprise est organisée avec précaution. Ce mercredi matin, tous les enseignants sont convoqués pour un temps d’échange avant d’accueillir les élèves de terminale. La première journée de retour se fera par une discussion de groupe avec leur professeur principal, suivie de l’entrée des premières et secondes le lendemain.
À Clichy, le proviseur a opté pour des temps de concertation réguliers avec les élèves pour maintenir l’engagement et éviter que le mouvement ne se dissipe. Dans de nombreux lycées, des conseils de vie lycéenne ont déjà été mis en place pour montrer aux élèves les changements apportés à leur environnement scolaire, tant avant qu’après leur mobilisation.
Dans le Maine-et-Loire, plusieurs établissements ont également prévu une reprise progressive des cours. Par exemple, devant le lycée Simone Veil d’Angers, des traces des récentes manifestations demeurent visibles. Après deux jours de cours à distance, le proviseur Sébastien Ficot a décidé de rouvrir son établissement ce jour-là, tout en étant conscient des risques de nouveaux blocages.
La réouverture des lycées s’accompagne de préoccupations, notamment concernant la sécurité. Les proviseurs font preuve de prudence, craignant des intrusions ou des incidents extérieurs qui pourraient perturber le retour à la normale. Cette vigilance est d’autant plus nécessaire dans un contexte où la reprise des cours sera inévitablement échelonnée, avec des élèves parfois absents.
Olivier Beaufrère, secrétaire national du SNPDEN, souligne que la reprise peut se faire de manière sélective, en commençant par certaines classes ou niveaux d’examen. Le ministère de l’Éducation a ainsi demandé aux chefs d’établissement de privilégier les classes qui se préparent aux examens, afin d’assurer un retour en toute sécurité pour tous les élèves.
Ce contexte de reprise, bien que marqué par des tensions, témoigne des efforts déployés par les autorités et les établissements pour rétablir un cadre d’apprentissage propice tout en intégrant les préoccupations des élèves et des enseignants.