Face à un jardin envahi par les mauvaises herbes, l’idée d’utiliser du papier journal comme paillis pour les étouffer séduit de nombreux jardiniers. Cette méthode, qui semble gratuite et écologique, mérite toutefois un examen approfondi.
EN BREF
- Le papier journal peut être efficace pour étouffer certaines mauvaises herbes.
- Des études universitaires précisent les limites de cette méthode.
- Les encres des journaux ne posent pas de risques majeurs, mais attention aux pages brillantes.
Utiliser du papier journal pour désherber, un concept qui fait débat. En effet, cette astuce est vantée pour son efficacité à étouffer les adventices, mais elle suscite également des interrogations quant à ses effets sur le sol et la santé des plantes. Les recherches menées par diverses universités nord-américaines apportent un éclairage précieux sur cette technique.
Le principe de la méthode
La technique repose sur un principe simple : créer une barrière contre la lumière. Sans lumière, de nombreuses mauvaises herbes ne peuvent germer. L’Extension de l’Université du Minnesota affirme que les paillis en papier, y compris le papier journal, constituent une barrière efficace. Ce paillage se décompose avec le temps, enrichissant ainsi le sol.
Pour les graines superficielles, cette occultation s’avère particulièrement efficace. Cependant, les mauvaises herbes vivaces, comme le chiendent ou le liseron, peuvent ne pas être complètement éliminées. En effet, la sous-couche de papier peut freiner leur croissance, mais ne garantit pas leur extinction totale.
Les recommandations des experts
Les chercheurs de l’Université d’Iowa recommandent d’utiliser entre 4 et 10 feuilles superposées de papier journal pour obtenir un bon résultat. Une seule couche risque de se déchirer, permettant ainsi aux mauvaises herbes de percer. Il est donc crucial de bien superposer les bords et de veiller à ce que le papier épouse correctement le sol.
De plus, l’ordre des étapes est déterminant. L’Université du Minnesota souligne l’importance de recouvrir le papier avec de la paille propre pour optimiser son efficacité. Cela aide également à prévenir le ruissellement de l’eau en période de pluie, un problème signalé par les chercheurs de l’Université de Californie, qui avertissent que les couches trop denses peuvent gêner la circulation de l’eau et de l’air.
Considérations supplémentaires
Une autre étude de l’Université d’État du Colorado indique qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter du papier journal ou du carton si un paillis organique a été appliqué correctement. Ces sous-couches peuvent nuire à l’aération et à l’infiltration de l’eau. De plus, il est conseillé d’attendre que le sol soit bien réchauffé avant d’installer ce type de paillage sur les cultures sensibles à la chaleur.
Enfin, la question des encres utilisées dans les journaux est souvent soulevée. L’Extension de l’Université d’Arizona rassure en affirmant que les imprimeurs n’utilisent plus de composés au plomb dans les encres noires et blanches. Toutefois, il est recommandé d’éviter les pages brillantes, qui peuvent contenir des substances indésirables. En pratique, les feuilles en noir et blanc sont couramment utilisées, tandis que les suppléments colorés sont généralement écartés.
En résumé, le paillage au papier journal peut constituer un outil utile pour lutter contre les mauvaises herbes, à condition de respecter certaines précautions et de tenir compte de ses limites. Il convient de l’utiliser judicieusement, surtout dans des sols bien drainés, pour en tirer tous les bénéfices sans nuire à la santé des plantes cultivées.