Les traitements hormonaux de la ménopause : enjeux et perceptions en France

En France, la question des traitements hormonaux pour soulager les symptômes de la ménopause suscite des débats passionnés. Malgré les inquiétudes persistantes, de plus en plus de femmes choisissent d’y recourir pour atténuer des symptômes souvent difficiles à vivre.

EN BREF

  • Les traitements hormonaux sont de plus en plus prescrits en France pour la ménopause.
  • Des études récentes montrent que les bénéfices peuvent l’emporter sur les risques.
  • La réticence des patientes et des professionnels de santé persiste malgré des informations nuancées.

Durant des décennies, les traitements hormonaux prescrits pour les symptômes de la ménopause ont été stigmatisés. Ces traitements, qui apportent des œstrogènes par voie orale ou topique, visent à réduire des symptômes tels que les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Selon l’Inserm, leur prescription devrait être envisagée « aussi tôt que possible après le début de la ménopause, à une dose efficace minimale ». Toutefois, cette approche nécessite une évaluation individuelle et une réévaluation annuelle.

Au début des années 2000, près de la moitié des femmes ménopausées en France étaient sous traitement hormonal, mais ce chiffre a considérablement diminué. En 2025, on comptait un peu moins de 500 000 utilisatrices, une chute marquée par une étude américaine de 2002 qui a mis en lumière des risques accrus de cancers du sein et de problèmes cardiovasculaires liés à ces traitements. Cette étude a eu un impact important sur la perception des traitements hormonaux, contribuant à leur déclin d’utilisation.

Cependant, des recherches ultérieures ont nuancé ces conclusions. En 2025, l’agence du médicament américaine a commencé à réévaluer ces thérapies, tandis qu’en France, la Haute Autorité de santé a reconnu l’intérêt des traitements hormonaux pour soulager des symptômes modérés à sévères et prévenir l’ostéoporose chez les femmes à risque. Une étude récente a même montré que celles qui débutent un traitement hormonal dans les dix ans suivant la ménopause, souvent avant 60 ans, présentent une réduction de la mortalité et un risque réduit de fractures.

Malgré ces avancées, la peur des traitements hormonaux demeure. Beaucoup de femmes hésitent à s’engager dans cette voie, souvent influencées par des craintes concernant le cancer du sein, même si des experts affirment que le risque associé est similaire entre celles qui prennent des hormones et celles qui n’en prennent pas, tant que la durée du traitement n’est pas excessive. Des témoignages de femmes montrent qu’elles souffrent en silence, préférant éviter les traitements par peur des effets secondaires.

La situation est également compliquée par une réticence chez certains professionnels de santé. Beaucoup ne sont pas suffisamment informés ou sont très prudents quant à la prescription de ces traitements. Néanmoins, depuis 2022, la proportion de femmes de 45 à 60 ans utilisant des traitements hormonaux a légèrement augmenté, atteignant 4,4 % en 2025, bien que cela ne corresponde pas encore aux niveaux de 2012, qui étaient de 6,6 %.

Les défis ne se limitent pas aux craintes des patientes. La désinformation, le regard négatif de la société sur la ménopause, la rareté des consultations en raison d’une pénurie de médecins et le manque de formation des soignants sont autant d’obstacles à une prise en charge adéquate. Il est préoccupant de constater que la ménopause n’est plus enseignée dans les facultés de médecine, laissant de nombreux médecins, formés avant les controverses des années 2000, mal équipés pour aider leurs patientes.

Les alternatives aux traitements hormonaux sont limitées, la bêta-alanine, un traitement non hormonal, ayant été déremboursée pour son inefficacité. Le fézolinétant, récemment disponible, n’est pas pris en charge, laissant peu de choix pour celles qui souhaitent éviter les hormones. Certains antidépresseurs peuvent cependant apporter un bénéfice sur les bouffées de chaleur, comme l’indique le Pr. Florence Trémollières, endocrinologue et gynécologue.

Dans un contexte où les bénéfices des traitements hormonaux semblent l’emporter sur les risques, la nécessité de briser les tabous autour de la ménopause et d’encourager un dialogue ouvert est plus pressante que jamais. Les professionnelles de santé s’efforcent de sensibiliser les femmes à cette phase de leur vie, soulignant l’importance d’en parler sans crainte ni jugement.