À la suite de la mobilisation massive des lycéens et étudiants le 13 octobre 2026, la France se prépare à une nouvelle démonstration de force. Les syndicats et les jeunes prévoient une grande mobilisation nationale pour le 17 octobre, date qui coïncide avec le premier jour des vacances scolaires de la Toussaint.
EN BREF
- Des centaines de milliers de lycéens ont manifesté le 13 octobre 2026.
- Une nouvelle mobilisation est prévue le 17 octobre pour dénoncer la vie chère.
- Les syndicats espèrent une convergence des luttes entre différents mouvements sociaux.
Le 13 octobre, des centaines de milliers de jeunes ont défilé à travers le pays. Selon le ministère de l’Intérieur, environ 161 500 manifestants étaient présents, tandis que l’intersyndicale avançait un chiffre de 480 000. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de mécontentement croissant face à la vie chère et aux conditions d’apprentissage dans les établissements scolaires. Les lycéens exigent des améliorations concrètes, telles qu’une rénovation des infrastructures scolaires et une refonte du système d’orientation Parcoursup.
La date du 17 octobre, largement anticipée par les syndicats, est considérée comme un moment crucial. Plusieurs organisations, dont la CGT, ont exprimé leur volonté de renforcer la mobilisation, tandis que d’autres syndicats, comme la CFDT et FO, restent prudents et préfèrent se concentrer sur les manifestations prévues le 5 novembre.
Les revendications des lycéens sont variées : ils demandent un investissement de 10 milliards d’euros pour les lycées, la fin de la sélection par Parcoursup et de meilleures conditions d’apprentissage. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment à Lyon, Rennes, Bordeaux et Marseille, où des tensions entre manifestants et forces de l’ordre ont été signalées.
À Paris, deux cortèges ont rassemblé environ 41 500 personnes, et des heurts ont éclaté, entraînant l’utilisation de gaz lacrymogènes par la police. Les slogans tels que « sans éducation, pas de nation » ou « à bas l’État policier » reflètent les frustrations des jeunes face à la situation actuelle.
Les étudiants sont déterminés à maintenir la pression. Margot, élève en seconde à Toulouse, a exprimé une certaine désillusion, notant que le 17 octobre pourrait marquer un tournant. Pourtant, des leaders syndicaux, comme Sophie Binet de la CGT, affirment que la mobilisation ne cessera pas tant que les revendications ne seront pas prises en compte.
La convergence des luttes est un thème central de cette mobilisation. Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, a appelé tous les groupes à se rassembler pour faire entendre leur voix. Les « gilets jaunes », qui avaient marqué la France par leurs manifestations entre 2018 et 2019, sont également appelés à participer à ce mouvement, avec des incitations sur les réseaux sociaux pour revêtir à nouveau leurs gilets.
Le site internet dédié à cette nouvelle mobilisation, 17octobregiletjaune.net, invite les citoyens à unir leurs forces contre les inégalités sociales. Cette initiative met en avant un large éventail d’acteurs, y compris des enseignants, des soignants et des retraités, signalant une volonté de rassembler des luttes diverses autour de revendications communes.
Le gouvernement, quant à lui, semble prendre note de la décrue progressive du mouvement. Cependant, les syndicats s’inquiètent des répercussions de la mobilisation sur les transports aériens, avec des grèves annoncées à partir du 17 octobre, qui risquent d’affecter les vacances de la Toussaint.
Le 17 octobre s’annonce donc comme un jour charnière pour les lycéens et les syndicats, qui espèrent faire entendre leur voix. La convergence des luttes pourrait redéfinir le paysage social français, à l’approche des élections présidentielles de 2027.