Accès au logement à l’année sur la côte ouest du Cotentin : un défi croissant

Sur le littoral du Cotentin, la recherche d’un logement à louer ou à acheter pour y vivre toute l’année devient de plus en plus compliquée. Les résidences secondaires occupent une part importante du parc immobilier dans certaines communes, entraînant une hausse des prix et une diminution des effectifs scolaires. Face à ce constat, les maires de la région se questionnent sur les leviers à activer pour faire face à cette crise du logement.

EN BREF

  • Les résidences secondaires représentent jusqu’à 50 % des logements dans certaines communes.
  • Près de 2 000 logements sont vacants depuis plus de deux ans dans le Cotentin.
  • Les maires explorent des solutions fiscales et foncières pour favoriser l’accès au logement.

Il y a deux ans, un père de famille s’est rendu à la mairie de Siouville-Hague avec l’espoir de trouver une maison pour sa famille. Élisabeth Burnouf, la maire, se souvient de lui. Malheureusement, après plusieurs mois de recherche infructueuse, il a dû se résoudre à acheter une maison dans un autre village, Tréauville. Des histoires de ce type, les élus du littoral en connaissent plusieurs, mais elles illustrent une réalité inquiétante : de nombreux foyers renoncent à s’installer faute de logements disponibles.

Le constat est clair. À Siouville-Hague, 42 % des logements sont des résidences secondaires. Ce chiffre atteint 37 % à Surtainville et 30 % au Rozel. Ces proportions ont augmenté ces dernières années, surtout depuis la pandémie de Covid-19. La baisse des effectifs scolaires est également révélatrice de cette tendance. Les écoles, qui accueillaient plus de cent enfants il y a dix ans, en comptent aujourd’hui à peine 62, répartis sur trois classes au lieu de cinq.

David Margueritte, sénateur, souligne que la pénurie de logements vacants limite les options pour les familles. En effet, près de 2 000 logements sont inoccupés depuis plus de deux ans dans le Cotentin. « Il y a peu de logements vacants, donc peu de marge de manœuvre », ajoute-t-il. La situation est d’autant plus préoccupante pour les jeunes ménages et les travailleurs aux revenus modestes, qui peinent à trouver un logement adapté.

Les leviers à disposition des maires

Pour répondre à cette crise, les maires envisagent plusieurs stratégies. Le premier levier est d’ordre fiscal. À Surtainville, une initiative a été lancée en juillet 2026 pour taxer les logements laissés vides. Actuellement, les propriétaires de résidences secondaires paient une taxe d’habitation, tandis que ceux qui laissent leur maison fermée ne supportent qu’une taxe foncière. En introduisant de nouvelles taxes, les élus espèrent inciter certains propriétaires à louer ou vendre leurs biens.

Au Rozel, le maire Serge Papougnot envisage de revoir la taxe d’habitation, tout en s’interrogeant sur les meublés touristiques et le recouvrement de la taxe de séjour. L’objectif est clair : faire en sorte que les propriétaires de résidences secondaires contribuent à la dynamique de la commune.

Un autre changement important se profile à l’horizon. À partir de janvier 2027, les mairies recevront automatiquement la liste des logements vacants sur leur territoire, accompagnée d’informations sur les propriétaires. Cela facilitera le travail des élus, qui pourront agir de manière plus ciblée.

Le développement du foncier

Le deuxième levier à explorer concerne le foncier. Le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) est en cours d’élaboration et pourrait permettre de rendre des terrains constructibles pour des logements destinés à l’année. Siouville-Hague espère ainsi ouvrir trois hectares à de nouveaux projets résidentiels, tandis que Surtainville envisage de réserver des zones pour des résidences principales.

Cette initiative pourrait permettre à des particuliers d’investir dans des logements destinés à la location à l’année, avec des engagements à respecter pour les futurs propriétaires. Les maires de la région continuent d’engager le dialogue avec les propriétaires de résidences secondaires, afin de leur faire prendre conscience des enjeux liés à la baisse de la population et de l’impact sur les services locaux.

Les élus, soucieux de redynamiser leurs communes, espèrent que ces initiatives porteront rapidement leurs fruits. La question de l’accès au logement sur la côte ouest du Cotentin est plus que jamais d’actualité, et les solutions à trouver sont essentielles pour assurer un avenir serein à ces territoires.