Le mercredi 14 octobre 2026, un professeur d’université a été condamné à Papeete, en Polynésie française, à quatre ans de prison, dont deux avec sursis. Les accusations portées contre cet enseignant, âgé de 50 ans, concernent le recours à la prostitution de jeunes filles mineures, alors âgées de 14 et 15 ans, qu’il avait accueillies chez lui entre 2017 et 2018.
EN BREF
- Un professeur d’université condamné pour prostitution de mineures à Papeete.
- Les faits se sont déroulés entre 2017 et 2018 avec des jeunes filles en difficulté.
- Un second homme a également été condamné dans cette affaire, en son absence.
Ce professeur, titulaire d’un doctorat en informatique, avait hébergé plusieurs jeunes filles en situation de rupture scolaire. Durant cette période, elles ont été exposées à des soirées où l’alcool et le cannabis circulaient. Selon les témoignages de trois d’entre elles, elles ont eu des relations tarifées avec lui, des déclarations qui n’ont pas été contestées par les victimes, qui n’étaient ni présentes ni représentées au tribunal.
Face aux accusations, le prévenu a nié fermement les faits : « Je n’ai jamais exigé quoi que ce soit en échange de quoi que ce soit. » Il a affirmé qu’il avait simplement voulu aider ces adolescentes, mais a décrit une situation où elles auraient « squatté » son domicile, allant même jusqu’à installer des barbelés pour empêcher leur retour. Ces déclarations contrastent fortement avec les messages découverts par les enquêteurs, dans lesquels il tenait des propos explicites à l’égard de ses interlocutrices.
La procureure Hélène Geiger, dans ses réquisitions, a dénoncé une exploitation de la précarité de ces jeunes filles, affirmant que l’enseignant avait manipulé et profité de leur vulnérabilité. Elle a évoqué un « procès de l’exploitation de la fracture sociale », mettant en lumière le contexte difficile dans lequel se trouvaient les mineures. À l’inverse, l’avocate de l’enseignant, Me Marie Eftimie-Spitz, a plaidé pour sa relaxe, soulignant que de nombreuses jeunes filles affirmaient qu’il tentait de les aider.
En plus de sa peine de prison, le professeur a été interdit d’exercer toute activité en contact avec des mineurs pendant une durée de trois ans. Son nom sera également inscrit au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS).
Dans le cadre de cette affaire, un second homme, âgé de 83 ans, a également été condamné en son absence à cinq ans de prison ferme, un mandat d’arrêt ayant été émis à son encontre. Cette autre condamnation souligne la gravité de la situation et le besoin urgent d’une protection renforcée pour les mineurs en danger.
Ce procès met en lumière des problématiques graves de vulnérabilité des jeunes filles et soulève des questions sur la responsabilité des adultes dans l’encadrement des mineurs. L’affaire reste une illustration frappante des défis auxquels font face les autorités dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs.