Ce jeudi, le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis a été le théâtre d’une intervention policière jugée violente par le personnel éducatif. Cette situation intervient alors que l’établissement est au cœur des tensions liées au mouvement lycéen, qui s’est intensifié ces dernières semaines.
EN BREF
- Une intervention policière en civil a eu lieu dans le lycée Paul-Eluard.
- Des personnels dénoncent des violences à l’égard d’élèves et d’adultes.
- Un sit-in a été organisé en réponse, réclamant la démission du proviseur.
Les tensions ont commencé lorsque des élèves ont tenté d’organiser un nouveau blocus devant l’établissement. Selon des témoignages, la police a alors chargé, employant des méthodes jugées excessives, y compris l’usage de gaz lacrymogènes et des violences physiques. Ces actes ont été dénoncés par des enseignants présents, qui ont exprimé leur désarroi face à la situation.
Un événement particulièrement marquant a été la convocation d’un élève dans le bureau du proviseur, où la police a été appelée pour procéder à son interpellation. Des membres du personnel éducatif se sont opposés à cette action, entraînant une escalade de la violence, y compris des coups portés à des collègues. Ce climat d’agression a suscité une vive réaction de la part des enseignants, qui ont exprimé leur indignation par le biais d’un communiqué.
Des vidéos diffusées montrent des policiers en civil, identifiables par un brassard « police », procédant à l’interpellation d’un adolescent au sein du lycée, tandis que d’autres personnels tentaient de s’opposer à cette opération en scandant des slogans tels que « Libérez notre élève ». Ces images représentent un moment clé de la montée de la tension dans l’établissement.
La préfecture de police a confirmé que l’intervention avait été demandée par le proviseur, soulignant qu’aucune présence policière n’est autorisée sans requête de la direction. C’est ainsi que la brigade anti-criminalité (Bac) s’est déployée sur les lieux, ce qui a exacerbé la colère des élèves et du personnel.
Dans la foulée de cet événement, un sit-in a été organisé par des élèves et des enseignants dans l’enceinte du lycée. Au cours de cette action, ils ont chanté la Marseillaise tout en exprimant leur mécontentement et en réclamant la démission du proviseur. La mobilisation s’est ensuite étendue à l’extérieur de l’établissement, où plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le commissariat de Saint-Denis pour dénoncer les « violences policières » et ce qu’ils qualifient de « répression féroce ».
Les tensions ont également conduit à des interpellations, la préfecture de police de Paris ayant annoncé que quatre individus avaient été arrêtés lors de ces événements. De plus, deux policiers ont été blessés, l’un d’eux ayant reçu un coup de poing au visage et l’autre un coup de pied dans la tête.
Ce lycée, en particulier, a été sous le feu des projecteurs depuis le début du mouvement lycéen, trois semaines auparavant. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a fait plusieurs apparitions sur place pour soutenir les élèves. Des avocats ont également pris position cette semaine pour dénoncer les conditions de garde à vue des lycéens interpellés. Notamment, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg a fait le déplacement mardi pour apporter son soutien aux lycéens français, accentuant encore l’importance de cette lutte.
Ce nouvel épisode de tensions soulève des questions sur la gestion des conflits au sein des établissements scolaires et sur le rôle des forces de l’ordre dans un contexte où les jeunes s’engagent de plus en plus dans des mouvements sociaux.