Accusations d’agression sexuelle : Leyla Doriane dénonce Patrick Bruel

Un nouveau témoignage vient alourdir le dossier déjà chargé de Patrick Bruel. Dans une interview accordée au magazine ELLE, Leyla Doriane, choriste sur le célèbre titre « Au Café des délices », accuse le chanteur d’agression sexuelle survenue en 1999. Ce récit glaçant décrit un schéma inquiétant de séduction professionnelle suivi d’une tentative d’agression.

EN BREF

  • Leyla Doriane accuse Patrick Bruel d’agression sexuelle en 1999.
  • Le témoignage évoque une mécanique de séduction suivie de représailles.
  • Patrick Bruel a été mis en examen pour plusieurs affaires d’agressions.

À la fin des années 90, Leyla Doriane travaille pour le label BMG, commun avec Patrick Bruel. Lors d’une rencontre aux Victoires de la musique, une dynamique professionnelle s’établit entre eux. Le chanteur lui propose de poser sa voix sur le titre « Au Café des délices », ce qui représente une opportunité en or pour la jeune choriste. L’enregistrement a lieu le 31 mai 1999, un moment que Leyla décrit comme magique et respectueux.

Cependant, cette relation professionnelle va rapidement se transformer lors d’un rendez-vous chez Patrick Bruel. Leyla Doriane se souvient avoir été invitée chez lui pour travailler au piano, pensant que cela restait dans le cadre de leur collaboration musicale. Mais l’ambiance change au fil de la soirée, et elle se rend compte que le chanteur semble chercher à la séduire, alors qu’elle n’est pas intéressée.

Ce glissement de la relation professionnelle à une ambiguïté troublante est un schéma récurrent dans les témoignages de plusieurs femmes ayant croisé la route de Patrick Bruel. La situation s’aggrave lorsque, après lui avoir proposé une boisson, il revient vêtu uniquement d’un slip rouge. « Je suis choquée, mal à l’aise », confie Leyla Doriane.

Selon elle, Patrick Bruel l’embrasse alors de force et touche son corps sans son consentement. Lorsqu’elle le repousse, il lui lance : « Tu sais le nombre de nanas qui rêveraient d’être à ta place ? » Cette phrase illustre le sentiment de toute-puissance que ressentent de nombreuses femmes confrontées à de tels abus.

Après cet incident, Leyla Doriane affirme avoir subi des représailles. Elle n’aurait jamais été rémunérée pour sa participation à « Au Café des délices », un titre qui deviendra l’un des plus grands succès de l’artiste. Son prénom est mal orthographié dans le livret de l’album, et lors des concerts où elle est invitée à chanter, aucune loge ne lui est attribuée. Ces humiliations, bien que difficiles à prouver, témoignent d’un schéma de rétorsion insidieux.

« J’ai vécu des représailles silencieuses parce que je ne me suis pas laissée faire », dénonce-t-elle. Ce schéma rappelle d’autres témoignages d’anciennes collaboratrices de Bruel, qui dénoncent un homme incapable d’accepter un refus.

Bien qu’elle n’ait pas encore porté plainte contre le chanteur, Leyla Doriane insiste sur le sentiment d’impuissance qu’elle a ressenti face à la notoriété de Patrick Bruel. « Il était trop puissant, ça ne servait à rien », déclare-t-elle. Ces mots résument la loi du silence qui a longtemps prévalu autour de l’artiste.

Aujourd’hui, Leyla Doriane admet que cette expérience l’a profondément marquée. « J’ai été effacée, j’ai perdu complètement confiance en moi », témoigne-t-elle. Son récit s’inscrit dans un contexte plus large, où plusieurs autres femmes commencent à se manifester. Quinze nouvelles accusatrices ont émergé ces dernières semaines, dont certaines, comme Zazie et Vanessa Demouy, ont également décidé de briser le silence.

Patrick Bruel, quant à lui, nie fermement toutes les accusations portées à son encontre. Il a été mis en examen pour plusieurs faits et a déclaré qu’il s’exprimerait uniquement dans le cadre de l’enquête judiciaire. Ce climat d’accusations et de témoignages croisés semble indiquer un tournant dans la perception des agressions sexuelles dans le milieu artistique.