Une nouvelle commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a rendu un rapport accablant à l’égard d’Israël, l’accusant d’extermination et de crimes contre l’humanité envers les Palestiniens en Cisjordanie. Les conclusions de ce rapport, qui ont été présentées à l’ONU, soulèvent des questions cruciales sur le respect des droits humains dans cette région déjà marquée par des tensions persistantes.
EN BREF
- La commission de l’ONU accuse Israël d’extermination et de crimes contre l’humanité.
- Israël rejette ces accusations, les qualifiant de propagande.
- La situation en Cisjordanie se dégrade, exacerbée par les violences réciproques.
Le rapport, qui s’inscrit dans un contexte politique tendu, a été présenté juste avant les élections législatives israéliennes. Les accusations portées contre Israël incluent des actes de torture, de viols et de persécutions raciales. L’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a exhorté la communauté internationale à agir concrètement pour protéger le peuple palestinien et à rendre les responsables de ces crimes comptables de leurs actes. Ce dernier a insisté sur l’importance de passer des déclarations aux actions tangibles.
La diplomatie israélienne, pour sa part, a réagi vivement. Dans un communiqué, elle a dénoncé les conclusions de la commission comme étant déconnectées de la réalité, prétendant qu’elles visent à saper le droit d’Israël à se défendre. L’ambassadeur d’Israël aux Nations unies à Genève a même appelé à la dissolution immédiate de cette commission, dirigée par Navi Pillay, une juriste sud-africaine et lauréate du prix Nobel de la paix en 2026.
Des accusations qui s’accumulent
Ce rapport s’inscrit dans une série d’accusations formulées contre Israël. En 2021, une autre commission avait déjà qualifié les actions israéliennes à Gaza de génocide. Les autorités israéliennes ont systématiquement rejeté ces accusations, les qualifiant de mensongères et d’antisémites. La nouvelle enquête met en lumière des crimes présumés en Cisjordanie, tels que l’extermination, la torture et des violences sexuelles, en se basant sur des motifs discriminatoires liés à la nationalité et à l’ethnicité.
Le 4 septembre, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme avait déjà pointé du doigt le déplacement forcé de plus de 33 000 Palestiniens de trois camps en Cisjordanie, évoquant la possibilité d’un nettoyage ethnique. Israël a occupé cette région depuis 1967, où plus de trois millions de Palestiniens cohabitent avec environ 500 000 Israéliens vivant dans des colonies considérées comme illégales par le droit international.
Une escalade des violences
Depuis les attaques du Hamas le 7 octobre 2023, qui ont déclenché un conflit à Gaza, la situation en Cisjordanie s’est gravement détériorée. La commission de l’ONU met en évidence une réponse israélienne qui semble viser à punir collectivement la population palestinienne. Selon le rapport, les opérations militaires israéliennes, combinées à la violence persistante des colons, témoignent d’une stratégie délibérée pour exterminer et déplacer les Palestiniens.
Les chiffres sont inquiétants : alors que six Palestiniens avaient été tués par des frappes aériennes entre 2008 et le 6 octobre 2023, 254 ont péri entre le 7 octobre 2023 et le 30 septembre 2026. Ces statistiques montrent une escalade des violences qui ne laisse présager rien de bon pour les populations civiles. Plus de 1 500 Palestiniens ont également été tués à Gaza depuis la trêve d’octobre 2025, selon des sources médicales palestiniennes, des chiffres qui sont jugés fiables par l’ONU.
Le président de la commission, Srinivasan Muralidhar, a déclaré que le comportement des autorités israéliennes s’inscrit dans une stratégie visant à imposer des conditions de vie invivables aux Palestiniens. Il a souligné le besoin urgent d’une action internationale pour stopper cette dynamique de violence et de souffrance.
Alors que la communauté internationale observe, les appels à des mesures concrètes se multiplient. La situation en Cisjordanie, déjà complexe, semble évoluer vers un état de crise humanitaire, exacerbée par des tensions politiques croissantes et une violence réciproque qui n’en finit pas.