Dans l’affaire tragique de la mort de Lyhanna, une fillette de 11 ans, l’attention se focalise non seulement sur JĂ©rĂŽme Barella, mis en examen et incarcĂ©rĂ©, mais Ă©galement sur le passĂ© judiciaire de son pĂšre, JoĂ«l Barella, ainsi que de son frĂšre Yannick. Ce dernier fait l’objet d’accusations graves de viols et d’agressions sexuelles portĂ©es par deux de ses petites-filles par alliance.
EN BREF
- JĂ©rĂŽme Barella, suspect dans l’affaire Lyhanna, est en dĂ©tention provisoire.
- JoĂ«l Barella, son pĂšre, fait l’objet d’accusations de viols depuis 2013.
- La famille est critiquée pour avoir protégé Joël au détriment des victimes présumées.
BĂ©rangĂšre SinĂšgre, mĂšre de Maeva et de Prescyllia, deux des accusatrices, dĂ©nonce une dynamique familiale qui, selon elle, a systĂ©matiquement soutenu JoĂ«l Barella. Elle affirme : « Ils ont tous protĂ©gĂ© JoĂ«l », une dĂ©claration qui souligne l’ampleur de l’omerta qui semble rĂ©gner au sein de cette famille. Les accusations portĂ©es contre JoĂ«l Barella datent de 2013 et concernent des attouchements ainsi que des actes plus graves, comme l’a rĂ©vĂ©lĂ© Prescyllia, alors ĂągĂ©e de 13 ans.
MalgrĂ© les plaintes dĂ©posĂ©es, l’enquĂȘte s’est soldĂ©e par un non-lieu en 2021, la justice n’ayant pas trouvĂ© suffisamment d’Ă©lĂ©ments pour Ă©tablir la matĂ©rialitĂ© des faits. Maeva, la demi-sĆur de Prescyllia, a Ă©galement dĂ©noncĂ© des abus subis Ă l’Ăąge de 12 ans lors d’un sĂ©jour chez JoĂ«l Barella. Pour BĂ©rangĂšre SinĂšgre, le plus difficile n’a pas Ă©tĂ© de porter ces accusations, mais de faire face Ă l’attitude hostile de l’entourage familial.
Elle dĂ©plore que ses filles aient Ă©tĂ© âsalies physiquement et moralementâ et qu’elles aient subi un rejet de la part de leur famille aprĂšs leurs rĂ©vĂ©lations. « Ils les ont traitĂ©es de menteuses, quâelles ne savaient pas quoi faire pour attirer lâattention sur elles », explique-t-elle, ajoutant que les jeunes femmes continuent de vivre sous pression pour maintenir le silence.
Cette omerta semble perdurer. RĂ©cemment, selon BĂ©rangĂšre SinĂšgre, le pĂšre des deux jeunes femmes les aurait averties qu’elles risquaient d’ĂȘtre reniĂ©es si son nom apparaissait dans les mĂ©dias. « Pour lui, câĂ©tait risquĂ©, il risquait de perdre sa sociĂ©té », prĂ©cise-t-elle. La mĂšre de Maeva espĂšre que la rĂ©ouverture de l’enquĂȘte permettra Ă ses filles d’ĂȘtre enfin entendues sans le poids de la menace familiale.
JoĂ«l Barella, qui reste prĂ©sumĂ© innocent, a fermement contestĂ© les accusations. Lors de sa garde Ă vue, il a qualifiĂ© Prescyllia d’âaguicheuseâ et dâenfant âayant tendance Ă mentirâ. D’autres membres de la famille ont Ă©galement mis en doute les dĂ©clarations des jeunes femmes. Son pĂšre a dĂ©crit Prescyllia comme une « menteuse, vicieuse et charmeuse », tandis que sa grand-mĂšre paternelle Ă©voquait une âattitude provocanteâ.
Les allĂ©gations portĂ©es contre JoĂ«l Barella ne sont pas sans rappeler d’autres tragĂ©dies familiales. Tout comme Lyhanna, les filles de BĂ©rangĂšre SinĂšgre auraient Ă©tĂ© victimes d’une dynamique familiale toxique, illustrant un rapport de force au sein du clan. « Câest JoĂ«l qui avait lâargent, il construisait des maisons pour tout le monde dans la famille », souligne-t-elle, suggĂ©rant que l’argent et le pouvoir ont pu influencer le soutien accordĂ© Ă l’accusĂ© plutĂŽt qu’Ă la victime prĂ©sumĂ©e.
Alors que des dĂ©veloppements judiciaires continuent d’Ă©merger, BĂ©rangĂšre SinĂšgre garde l’espoir que la voix de ses filles sera entendue dans un contexte moins hostile qu’au moment des premiers signalements. La lutte pour la justice et la reconnaissance des victimes semble plus que jamais d’actualitĂ©.