Agression de journalistes et d’une Palestinienne par des colons israéliens en Cisjordanie

Ce samedi 29 août, un reportage en Cisjordanie a pris une tournure violente lorsque des journalistes américains ont été attaqués par un groupe de colons israéliens. Au cœur de cette agression, Aïda Ahmed Abdallah, une femme palestinienne de 51 ans, a été frappée à tel point qu’elle a perdu connaissance. Ce nouvel incident s’inscrit dans un contexte d’escalade des violences contre les Palestiniens, qui perdurent depuis plusieurs années.

EN BREF

  • Des journalistes américains attaqués par des colons israéliens en Cisjordanie.
  • Aïda Ahmed Abdallah, la femme interviewée, a été hospitalisée après avoir perdu connaissance.
  • Les violences des colons en Cisjordanie s’intensifient depuis l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Israël.

Le journaliste Matt Bradley, qui couvrait la colonisation illégale en Cisjordanie, a rapporté sur X que lui et son équipe avaient été pris pour cible par des « colons masqués ». L’attaque a eu lieu alors qu’ils s’apprêtaient à réaliser une interview avec Aïda, dont la maison est régulièrement entourée par des colons. Les agresseurs, armés de bâtons et de pierres, ont brisé le pare-brise de leur véhicule avant de s’en prendre physiquement à l’équipe.

Dans son récit de l’incident, Bradley a décrit comment le groupe a frappé leur équipe à coups de matraques et a brutalement battu Aïda, entraînant sa perte de connaissance. Bien qu’Aïda ait été hospitalisée, elle a pu quitter l’établissement médical, mais ne pouvait pas retourner chez elle en raison de l’occupation de sa maison par des colons.

Cette agression n’est pas un cas isolé. Trois jours avant cet incident, des journalistes de l’Agence France Presse avaient également été attaqués par des colons israéliens alors qu’ils couvraient les tensions dans le sud de la Cisjordanie. Ces journalistes avaient subi des jets de pierres et des dommages à leurs véhicules, entraînant l’ouverture d’une enquête policière par l’armée israélienne.

Ces événements tragiques surviennent dans un contexte de violences croissantes. Le village de Qusra, au nord de la Cisjordanie, a récemment été le théâtre d’attaques par des colons israéliens, qui ont bloqué l’accès aux habitants palestiniens. Les forces israéliennes sont intervenues pour tenter de calmer la situation, mais des affrontements ont éclaté, notamment lorsqu’un groupe de Palestiniens a été encerclé par des colons.

Face à cette montée des violences, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé une rare critique à l’encontre des colons. Dans un communiqué, il a condamné les actes de violence perpétrés à Qusra et Jalud, soulignant que ces comportements nuisent à la communauté juive respectueuse des lois et entravent les missions de l’armée israélienne.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a également qualifié ces violences de « honte ». La colonisation en Cisjordanie, qui se poursuit depuis 1967, a connu une accélération notable depuis l’arrivée de l’extrême droite dans la coalition gouvernementale de Netanyahu fin 2022. Aujourd’hui, plus de 500 000 Israéliens résident dans des colonies considérées comme illégales par le droit international, entourés d’environ trois millions de Palestiniens.

Les violences perpétrées par des colons israéliens se sont intensifiées depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, avec une augmentation des actes de harcèlement et d’intimidation qui, dans la plupart des cas, ne donnent pas lieu à des poursuites judiciaires. Cette dynamique soulève des questions sur la sécurité des Palestiniens et des journalistes dans une région déjà marquée par des tensions profondes.