Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), anciennement connu sous le nom de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), touche environ 10 % des femmes selon l’Inserm. Cette condition, causée par un dérèglement hormonal, entraîne une production excessive d’androgènes, entraînant divers symptômes tels que la prise de poids, l’acné, l’hyperpilosité, des cycles menstruels irréguliers et des problèmes de fertilité. Le Dr Amina Blouet Sellal, médecin généraliste et auteure de « Carnet gourmand pour apaiser le SOPK », explique que ce syndrome résulte d’une accumulation de follicules non matures, exacerbée par des facteurs environnementaux et génétiques.
EN BREF
- Le SMOP affecte 10 % des femmes, provoquant divers symptômes hormonaux.
- Une alimentation équilibrée à index glycémique bas peut atténuer les symptômes.
- Il est crucial de privilégier les aliments anti-inflammatoires et de protéger le microbiote.
Les origines du SMOP sont complexes et incluent une prédisposition génétique, avec un risque accru de 30 % si des antécédents familiaux sont présents. De plus, l’exposition à des perturbateurs endocriniens et à des facteurs de mode de vie tels que le stress, le tabac et une alimentation déséquilibrée peuvent aggraver la situation. La résistance à l’insuline est un phénomène fréquent, touchant entre 65 et 80 % des femmes souffrant de ce syndrome, ce qui contribue à un cercle vicieux de prise de poids et d’hyperandrogénie.
Pour atténuer les symptômes, il est recommandé d’adopter une alimentation à index glycémique bas. Cela implique de constituer des repas équilibrés, composés d’un tiers de légumes, d’un tiers de protéines (comme la viande, le poisson ou les œufs) et d’un tiers de féculents, de préférence complets. En dessert, des fruits ou des produits laitiers nature sont conseillés.
En revanche, il est préférable d’éviter les grignotages et les aliments ultra-transformés, souvent riches en glucides et pauvres en fibres et protéines. Les produits sucrés, tels que les sodas, les jus de fruits, les confiseries et les pâtisseries, devraient également être consommés avec parcimonie.
Le stress, la pollution et une alimentation peu saine entraînent une inflammation de bas grade, qui perturbe l’équilibre hormonal et aggrave la résistance à l’insuline. Cette inflammation est perçue par l’organisme comme un stress, augmentant la sécrétion de cortisol, une hormone qui maintient la résistance à l’insuline et perturbe le cycle menstruel. Pour contrer cela, il est conseillé d’intégrer des aliments riches en oméga 3, comme les poissons gras (sardines, maquereaux), ainsi que des huiles de colza ou de noix, qui possèdent des propriétés anti-inflammatoires.
Les fruits et légumes colorés, ainsi que les épices riches en antioxydants, jouent également un rôle crucial dans la protection contre l’inflammation. À l’inverse, il est essentiel d’éviter les graisses malsaines et les sucres qui favorisent l’inflammation, tels que les viandes grasses, les charcuteries, les fritures et les produits sucrés.
Un autre aspect souvent négligé dans la gestion du SMOP est la santé du microbiote intestinal. Un microbiote équilibré aide à produire des molécules anti-inflammatoires et à éliminer les œstrogènes en excès. Pour favoriser un microbiote sain, il est recommandé de consommer des probiotiques, présents dans les aliments fermentés comme le yaourt, le kéfir, la choucroute ou le kimchi, ainsi que des prébiotiques, qui nourrissent ces bonnes bactéries. On les trouve dans des aliments riches en fibres tels que l’artichaut, le poireau, les lentilles et l’ail.
En parallèle, il convient d’éviter les ennemis du microbiote : stress, alcool, tabac, antibiotiques et résidus de pesticides. Le foie, souvent considéré comme l’organe de détoxification, joue un rôle fondamental dans l’élimination des hormones et des toxines. Pour soutenir sa fonction, il est conseillé de privilégier une alimentation naturelle riche en fruits et légumes, notamment des légumes amers comme les endives et les crucifères.
Le Dr Amina Blouet Sellal souligne que le SMOP est souvent mal compris, tant par le grand public que par le corps médical. Il ne s’agit pas seulement d’un déséquilibre ovarien, mais d’une condition complexe impliquant plusieurs hormones. Les symptômes varient d’une femme à l’autre, rendant le diagnostic parfois tardif. Le traitement vise à atténuer les symptômes, sans remède définitif, en améliorant principalement l’hygiène de vie.
En somme, une approche nutritionnelle ciblée peut significativement améliorer la qualité de vie des femmes souffrant de SMOP. En combinant une alimentation équilibrée avec des choix sains, il est possible de réduire les symptômes et de mieux gérer cette condition complexe.