Les produits ultra-transformés envahissent les rayons des supermarchés français. Biscuits, sodas, céréales sucrées, nuggets et chips sont devenus omniprésents. Ces aliments, qui constituent près de 60 % de l’offre alimentaire en France, représentent également 50 % des calories consommées par les enfants. Face à ce constat alarmant, plusieurs organisations telles que Yuka, FoodWatch et France Assos Santé ont décidé de passer à l’action en lançant une pétition. Leur objectif ? Demander un encadrement plus strict de la publicité et du marketing pour ces produits, surtout lorsqu’ils sont destinés aux jeunes consommateurs.
EN BREF
- 60 % de l’offre alimentaire française est constituée de produits ultra-transformés.
- Yuka et d’autres associations demandent un étiquetage obligatoire pour ces produits.
- Des pays comme l’Angleterre ont déjà limité la publicité pour protéger les jeunes consommateurs.
Julie Chapon, cofondatrice de l’application Yuka, a récemment exprimé son inquiétude sur RMC en soulignant l’importance d’un étiquetage clair. Elle souhaite que tous les produits ultra-transformés portent un « bandeau noir » en complément du Nutri-Score, afin de permettre aux consommateurs de les identifier facilement. « Ce sont des produits qui contiennent des ingrédients que l’on n’aurait pas dans sa cuisine », explique-t-elle. Par exemple, alors qu’un gâteau fait maison utilise du sucre, un produit ultra-transformé pourrait contenir du sirop de glucose-fructose. Cette distinction est essentielle car il n’est pas toujours évident de différencier ces produits, même parmi des choix similaires.
Karine Jacquemart, directrice générale de FoodWatch France, partage cette préoccupation. Lors de son intervention sur RMC, elle a dénoncé l’opacité qui entoure ces aliments. Elle a ajouté : « La seule façon pour les consommateurs de s’en rendre compte aujourd’hui, c’est à travers la liste des ingrédients, notamment les additifs. » Elle plaide pour un étiquetage plus visible et accessible, qui soit en adéquation avec le Nutri-Score. Selon elle, des scientifiques travaillent déjà sur des solutions pour améliorer cette identification et il appartient désormais aux décideurs politiques de mettre en place ces mesures.
La nécessité d’une réglementation est d’autant plus pressante que d’autres pays ont déjà pris des initiatives similaires. La députée écologiste Sabrina Sebaihi a évoqué l’exemple de l’Angleterre, qui a mis en place une interdiction de la publicité pour les aliments ultra-transformés de 6 heures à 21 heures, afin de protéger les jeunes consommateurs. Elle souligne que c’est par le biais du marketing que ces produits incitent les enfants à les consommer, ce qui peut entraîner des problèmes de santé tels que l’obésité ou le diabète de type 2.
Pour marquer un premier pas vers une meilleure régulation, la France a récemment interdit les sucres ajoutés dans les produits destinés aux enfants de moins de trois ans. Cette mesure représente une avancée, mais les organisations impliquées estiment qu’il reste encore beaucoup à faire pour protéger la santé des consommateurs, en particulier des plus jeunes, face à la montée en puissance des produits ultra-transformés.
La question se pose donc : comment la France va-t-elle réagir face à cette problématique grandissante ? Les prochaines décisions politiques seront cruciales pour déterminer l’avenir de l’alimentation et la santé publique dans le pays.