Le mardi 9 juin, François Roujou de BoubĂ©e, avocat des parents de Lyhanna, a pris la parole Ă Fleurance, une ville du Gers, oĂč la jeune fille avait disparu le 29 mai dernier. Ce moment Ă©tait particuliĂšrement attendu, car il a permis de faire entendre un plaidoyer poignant pour une justice plus efficace en France.
EN BREF
- François Roujou de Boubée demande des moyens accrus pour la justice française.
- Il cite des exemples de dysfonctionnements dans le traitement des plaintes.
- Le plaidoyer vise Ă prĂ©venir d’autres drames similaires Ă celui de Lyhanna.
Devant la presse, l’avocat a exprimĂ© son Ă©motion en lisant un texte dans lequel il s’adresse directement au prĂ©sident Emmanuel Macron. Il a soulignĂ© les insuffisances des moyens allouĂ©s Ă la justice, affirmant que ces lacunes ont des consĂ©quences tragiques, comme en tĂ©moigne le cas de Lyhanna, retrouvĂ©e morte six jours aprĂšs sa disparition.
« Si la justice avait eu plus de moyens, ce drame, et tous les autres, auraient pu ĂȘtre Ă©vitĂ©s », a-t-il dĂ©clarĂ©, mettant en lumiĂšre les enjeux cruciaux qui touchent le systĂšme judiciaire français. Il a prĂ©cisĂ© que sa famille ne portait pas de plainte contre l’Ătat ou l’institution judiciaire, mais qu’elle souhaitait attirer l’attention sur les vĂ©ritables responsabilitĂ©s concernant l’efficacitĂ© de la justice.
François Roujou de BoubĂ©e a ensuite partagĂ© des anecdotes rĂ©vĂ©latrices sur les dysfonctionnements qu’il a observĂ©s dans le systĂšme judiciaire. « Jâai assistĂ© des victimes de viol Ă la cour dâassises pour des audiences qui se prolongeaient jusquâĂ 4 heures du matin », a-t-il tĂ©moignĂ©. Il a Ă©galement mentionnĂ© le manque de procureurs pour traiter les nombreuses plaintes concernant les violences sexuelles dans le dĂ©partement d’Auch, s’interrogeant sur la capacitĂ© du systĂšme Ă faire face Ă une telle charge.
Au cours de son intervention, il a comparé la situation de la France à celle de ses voisins européens, notant que ceux-ci disposent de quatre fois plus de procureurs et de magistrats. « La France consacre la plus petite part de son budget à la justice. Que vous faut-il de plus ? », a-t-il insisté, appelant à une prise de conscience collective.
Il a Ă©galement rĂ©agi aux rĂ©centes annonces du ministre de la Justice concernant l’examen de 70 000 plaintes liĂ©es aux enfants. « Ătudier ces plaintes dâici le 14 juillet, câest de la poudre de perlimpinpin », a-t-il dĂ©clarĂ©, remettant en question l’efficacitĂ© de telles mesures face Ă l’urgence des problĂšmes de justice.
François Roujou de BoubĂ©e a fait preuve d’une grande Ă©motion en Ă©voquant le cas de Lyhanna, soulignant que la dĂ©couverte de son corps Ă©tait un miracle. Il a rappelĂ© que cela n’Ă©tait pas le cas pour de nombreuses autres familles dont les drames ne connaissent pas de rĂ©solution. « Combien nâont pas eu cette chance ? », a-t-il demandĂ©, exprimant son soutien aux parents en deuil.
Il a conclu son intervention par un appel Ă la responsabilitĂ© collective, affirmant que la justice doit ĂȘtre entendue et soutenue. « Que chacun prenne ses responsabilitĂ©s, y compris au plus haut sommet de lâĂtat », a-t-il prĂ©venu, insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une demande de rĂ©forme lĂ©gislative, mais d’un besoin urgent de ressources pour amĂ©liorer le fonctionnement de la justice.
« Combien faudra-t-il de Lyhanna pour que nous soyons enfin entendus ? Maintenant, laissons la justice faire son Ćuvre et accordons-lui les moyens de bien faire son travail », a-t-il ajoutĂ©, alors qu’il se prĂ©parait Ă enterrer une enfant du pays, soulignant la nĂ©cessitĂ© d’agir pour prĂ©venir de futurs drames.