Les arrêts-maladie en France suscitent de plus en plus d’inquiétude au sein du gouvernement. Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, a récemment qualifié la situation d’« open bar », signalant une explosion des arrêts de travail et du coût associé pour la sécurité sociale. Ce constat a conduit les autorités à envisager des réformes pour mieux gérer cette problématique, notamment en prévision du budget 2027.
EN BREF
- Les arrêts-maladie augmentent de 7 % par an, coûtant plus de 16 milliards d’euros en 2025.
- La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, propose des sanctions pour lutter contre les abus.
- Un renforcement des parcours de santé est prévu pour les arrêts de longue durée.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a exprimé son inquiétude concernant la croissance continue des arrêts-maladie, qui se chiffre à 7 % chaque année. Lors d’une intervention sur RMC, elle a souligné que cette tendance ne pouvait être soutenue par la sécurité sociale. Selon ses dires, il est crucial de lutter contre les abus qui contribuent à cette augmentation. « Notre sécurité sociale ne peut plus soutenir cette augmentation des arrêts-maladie, alors que je ne suis pas sûre que votre salaire a augmenté de 7 % en un an », a-t-elle déclaré.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement envisage des mesures visant à « inverser la logique » actuelle des arrêts-maladie. Stéphanie Rist a précisé que l’exécutif souhaite prendre en charge plus efficacement les arrêts de longue durée tout en désincitant les arrêts courts. Ce changement de cap nécessite une remise à plat de la gestion des arrêts de travail pour mieux équilibrer le système.
La ministre a également fait référence à un décret qu’elle a initié, qui vise à sanctionner les personnes ayant recours à plusieurs médecins pour obtenir de multiples arrêts de travail. « Plus de 13 000 assurés font appel à plus de cinq médecins généralistes différents en quelques mois, ce qui complique la gestion des arrêts-maladie », a-t-elle expliqué. Elle a donc plaidé pour un renforcement des sanctions à l’encontre des abus, tout en assurant un meilleur accompagnement des patients pour les aider à recouvrer la santé.
Stéphanie Rist a précisé que des mesures seraient prises pour améliorer les parcours de santé des individus souffrant de troubles psychiques ou musculosquelettiques, qui sont souvent à l’origine d’arrêts de longue durée. En outre, la durée maximale dérogatoire d’indemnisation de certains arrêts de longue durée serait réduite de trois à un an, afin de mieux encadrer les situations de maladie prolongée.
Elle a par ailleurs déclaré qu’elle ne se sentait pas offensée par l’expression « open bar » employée par Edouard Philippe, estimant que cela pourrait contribuer à sensibiliser le public à la nécessité de lutter contre les abus. « Si nous voulons continuer à payer les arrêts de maladie, nous devons agir », a-t-elle affirmé, insistant sur l’importance d’un système de santé durable.
Les réformes envisagées par le gouvernement représentent donc une réponse à une problématique complexe, mêlant enjeux de santé publique et contraintes économiques. La prise de conscience autour des abus dans le système des arrêts-maladie pourrait être le premier pas vers une gestion plus équilibrée et responsable des ressources de la sécurité sociale, tout en assurant un soutien adéquat aux malades.