Le rappeur Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, sera jugé pour cyberharcèlement à l’encontre de Magali Berdah, une agente d’influenceurs, après une décision des juges d’instruction. Ce procès, programmé pour le 25 mars prochain, s’inscrit dans une affaire qui a pris de l’ampleur depuis mai 2022.
EN BREF
- Booba jugé pour cyberharcèlement de Magali Berdah à partir de mars 2024.
- Deux complices seront également présents au tribunal.
- Les avocats de Berdah qualifient l’affaire de plus grande en matière de cyberharcèlement en France.
Des juges d’instruction ont ordonné ce mercredi 8 juillet que Booba soit renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir harcelé Magali Berdah entre mai 2022 et juin 2025. Ce procès fait suite à une série de publications sur les réseaux sociaux où le rappeur a ciblé la fondatrice de l’agence Shauna Events, la qualifiant d’« influvoleur » et dénonçant ses pratiques commerciales.
Booba, figure emblématique du rap français depuis les années 1990, a mené une croisade contre les influenceurs, utilisant sa large communauté de fans pour relayer ses publications. Sa campagne contre Berdah a pris une tournure particulièrement agressive, avec des commentaires dégradants sur son apparence physique et des allusions à sa vie privée.
Les juges ont noté que certaines de ces publications visaient directement Magali Berdah, et ont qualifié ces actes de cyberharcèlement. Dans un entretien accordé à l’AFP, Berdah a partagé l’impact dévastateur que cela a eu sur sa vie, qualifiant cette expérience de « mise à mort » : « Ça vous tue petit à petit, parce que vous n’arrivez plus à respirer. Cette violence est invisible à l’œil nu, du coup, les gens ne s’en rendent pas compte. »
Les magistrats ont affirmé que Booba était pleinement conscient de son influence sur les réseaux sociaux, fort de ses 5 millions d’abonnés. Selon les avocats de Berdah, Antonin Gravelin-Rodriguez et Rachel-Flore Pardo, Booba est le « chef de meute » dans cette affaire. Ils ont insisté sur le fait que sans lui, le cyberharcèlement n’aurait pas eu lieu, qualifiant ce dossier de « plus grosse affaire de cyberharcèlement qu’ait connu la justice française ».
En mars 2024, 28 internautes avaient déjà été condamnés pour leur participation au cyberharcèlement dirigé contre Berdah. Les avocats de la plaignante ont exprimé leur désir que Booba soit aussi à l’aise devant le tribunal que derrière son téléphone, faisant référence à sa résidence actuelle à Miami.
Pour l’heure, les avocats de Booba n’ont pas commenté cette décision judiciaire. Ce procès revêt une importance particulière, tant pour la reconnaissance des effets du cyberharcèlement que pour la responsabilité des influenceurs sur les réseaux sociaux.