Les hôpitaux et cliniques françaises continuent de subir une réduction significative de leurs capacités d’accueil. En 2024, 2 300 lits ont été fermés, marquant une baisse qui perdure depuis deux décennies. Toutefois, cette diminution semble se stabiliser par rapport aux années précédentes, tout en étant compensée par une augmentation des places en hospitalisation partielle et à domicile.
EN BREF
- 2 300 lits d’hôpitaux fermés en 2024 en France.
- Augmentation des places d’hospitalisation partielle et à domicile.
- Hausse des passages aux urgences malgré un manque de personnel.
À la fin de l’année 2024, la France comptait 367 100 lits d’hospitalisation complète répartis sur 1 330 hôpitaux publics, 977 cliniques privées et 655 établissements privés non lucratifs. La fermeture de 2 300 lits représente une baisse de 0,6 % par rapport à l’année précédente. Bien que cette tendance soit moins marquée que les diminutions des années antérieures, elle soulève des inquiétudes quant à l’accessibilité des soins pour la population.
En effet, le rythme de fermeture des lits semble se ralentir, atteignant -1,2 % en 2023, -1,8 % en 2022 et -1,4 % en 2021. Ce ralentissement est d’autant plus significatif lorsqu’on le compare à la période précédant la crise sanitaire, où la baisse moyenne était de -0,9 % par an entre 2013 et 2019. Cependant, il est crucial de noter que cette réduction des lits d’hospitalisation est compensée par l’ouverture de nouvelles places d’hospitalisation partielle, qui ont augmenté de 2,9 % en 2024, soit 2 600 places supplémentaires.
Les hospitalisations à domicile connaissent également une progression notable, avec une hausse de 5,5 % permettant de gérer simultanément 25 400 patients sur le territoire. Cela témoigne d’une évolution vers des modes de soins plus flexibles, bien que la prise en charge en hospitalisation complète n’ait augmenté que modérément de 1,4 %. Le nombre de séjours dans les hôpitaux reste ainsi en deçà des chiffres d’avant la pandémie, ce qui interroge sur la capacité du système à répondre aux besoins sanitaires actuels.
Les services d’urgences, quant à eux, ont connu une augmentation de 2,5 % des passages, atteignant 21,3 millions en 2024. Cette hausse se produit malgré l’introduction du service d’accès aux soins (Samu-SAS), censé réguler le flux de patients, ainsi que d’autres mesures visant à limiter l’afflux, en raison d’une pénurie de personnel. Cette situation exacerbe la pression sur les équipes soignantes, qui voient leurs ressources de plus en plus sollicitées.
Les professionnels de santé expriment régulièrement leurs préoccupations concernant la fermeture de lits. Ils soulignent que ces réductions aggravent la saturation des services d’urgences, où il devient difficile de trouver des solutions d’hospitalisation pour les patients. Ce manque de lits entraîne une pression supplémentaire sur les équipes médicales, qui doivent composer avec des effectifs réduits en pleine crise de suractivité.
Alors que les hôpitaux font face à ces défis, la situation s’aggrave avec les vagues de chaleur, qui mettent à l’épreuve les structures hospitalières. Les soignants souffrent d’épuisement face à des conditions de travail difficiles, parfois aggravées par un manque de climatisation. Ces défis soulignent l’importance d’une réflexion approfondie sur l’avenir de notre système de santé et sur la nécessité d’une révision des politiques sanitaires afin de garantir l’accès aux soins pour tous.