Bruno Jacolin, maire (Les Républicains) de Sainte-Foy-lès-Lyon, dénonce un climat d’intimidation sans précédent dans sa commune, où il est la cible de trafiquants de drogue depuis plusieurs mois. Ce dernier, qui occupe ses fonctions depuis 35 ans, a récemment témoigné des menaces graves qu’il subit, allant jusqu’à des tentatives d’intimidation flagrantes, telles que des tirs de feux d’artifice et des menaces de destruction de son domicile.
EN BREF
- Bruno Jacolin fait face à des menaces de mort de la part de dealers.
- Des actes d’intimidation ont été filmés par des voisins.
- Le maire appelle à une réponse pénale plus rapide contre le narcotrafic.
Les tensions ont commencé à s’intensifier le 6 mai dernier, à la suite d’une réunion publique où l’élu a exprimé son souhait de renforcer la sécurité dans le quartier de la Gravière. Le lendemain, il a découvert des tags injurieux sur son véhicule ainsi que deux pneus crevés, incidents qui ont été suivis le 17 mai par des tirs de mortier sur son balcon.
Dans une interview accordée à Apolline Matin, Bruno Jacolin a affirmé : « C’est l’autorité de la République qu’on cherche à faire reculer, mais jamais l’intimidation ne doit et ne devrait dicter l’action publique. » L’élu insiste sur son engagement à améliorer la situation dans ce quartier, qu’il décrit comme familial et bien équipé en services publics.
Les menaces se sont intensifiées lorsque, dans la nuit du 5 au 6 juin, un dealer l’a directement menacé de mort. Suite à cet incident, Jacolin a porté plainte et l’individu a été arrêté. Cependant, il souligne que le système judiciaire présente des lacunes, rendant difficile une réponse efficace à de telles infractions. « J’ai réussi à le faire condamner à 6 mois avec sursis, mais il y a une rupture de la chaîne pénale qui laisse ces individus agir en toute impunité, » a-t-il déclaré sur RMC Story.
Un proche du dossier a confirmé que le dealer en question, connu pour sa petite délinquance liée au narcotrafic, avait déjà été condamné à une interdiction de paraître dans le quartier, interdiction qu’il a violée. Ce type de situation soulève des questions sur le contrôle exercé par l’État et la capacité des forces de l’ordre à gérer les défis liés à la délinquance organisée.
Rémi, un policier du Rhône, a exprimé ses inquiétudes sur la situation en cours, évoquant un risque de “mexicanisation” de la France, où l’autorité de l’État serait remise en question. « Des collègues policiers colombiens nous ont dit de faire attention, car nous glissons vers quelque chose de très dangereux, » a-t-il déclaré sur le plateau des Grandes Gueules.
Pour sa part, le maire Jacolin a observé une augmentation des patrouilles de police nationale et a lancé un processus de recrutement pour des policiers municipaux, notamment pour créer une brigade de nuit. Ces mesures visent à répondre à la montée de l’insécurité dans son secteur.
Les réflexions de l’éducateur Abel Boyi, qui participe également aux débats sur la sécurité, dénoncent l’abandon progressif de certains territoires par l’État. Selon lui, les politiques passées ont contribué à la dérive actuelle : « Il y a eu l’aménagement du territoire avec la ghettoïsation, des années 80 avec la politique des grands frères qui ont dilapidé de l’argent public. »
Boyi craint que la France ne devienne un narco-État dans les dix prochaines années, affirmant que l’État a été complice de cette situation en fermant les yeux sur les réalités du trafic de drogue. « La répression n’y est pas parce qu’on a préféré acheter la paix sociale, » conclut-il.
Face à cette situation alarmante, la détermination de Bruno Jacolin est palpable. Il reste convaincu que l’intimidation ne doit pas prévaloir sur l’autorité de l’État et qu’une action collective est nécessaire pour restaurer la sécurité et la tranquillité dans sa commune.