Le débat sur la laïcité et l’expression des croyances religieuses dans les médias publics s’est intensifié après un incident survenu le 4 mai 2026 dans l’émission Chacun son tour diffusée sur France 2. Une candidate a évoqué son parcours en utilisant l’expression « chemin de croix », ce qui a conduit l’animateur Bruno Guillon à réagir en tentant de ne pas mélanger religion et divertissement.
EN BREF
- Une candidate de France 2 utilise l’expression « chemin de croix » lors d’un jeu.
- Bruno Guillon, l’animateur, refuse de l’associer à une connotation religieuse.
- Bruno Retailleau critique cette réaction, parlant de « bien-pensance » et de censure.
Durant l’émission, l’animateur a d’abord salué la candidate en pointant la longue attente qu’elle avait endurée pour participer. Quand il a suggéré que son expérience faisait partie de son « chemin », la candidate a ajouté « de croix », ce qui a provoqué une réaction immédiate de Guillon. Il a choisi d’élargir le propos en affirmant : « Alors de croix ou d’étoile ou de croissant… On n’est pas attachés à une religion en particulier. »
Cette réponse a suscité un tollé parmi certains hommes politiques, notamment ceux de l’extrême droite. Gilbert Collard, ancien cadre du Rassemblement National (RN), a dénoncé ce qu’il appelle la « bêtise sectaire médiatique du service public ». De son côté, le député Julien Odoul a ironisé sur la situation, soulignant l’absurdité de la censure des expressions chrétiennes dans le cadre du service public.
Bruno Retailleau, candidat Les Républicains (LR) à la présidentielle, a réagi le 6 mai 2026 sur le plateau des Grandes Gueules. Il a exprimé son indignation face à ce qu’il perçoit comme une restriction de la liberté d’expression, affirmant qu’il en a « marre de ces tabous » et qualifiant cette attitude de « bien-pensance ». Pour lui, la langue française est profondément ancrée dans des références religieuses chrétiennes, un héritage culturel qu’il estime essentiel de préserver.
Retailleau a rappelé que la France est riche d’expressions et de noms liés à la tradition chrétienne, citant des exemples comme l’Hôtel-Dieu et des milliers de communes portant des noms de saints. Il a insisté sur le fait qu’il ne faut pas renier cette partie de notre culture.
La discussion a été alimentée par d’autres intervenants, comme Zohra Bitan, qui a tenté d’expliquer la réaction de Guillon en évoquant une « obsession de l’inclusion ». Elle a souligné que ce type de censure est révélateur d’une tendance à gommer notre histoire et nos traditions.
Le débat s’est élargi avec des voix diverses sur la nécessité de maintenir un équilibre entre l’inclusion et la reconnaissance de notre héritage culturel. Didier Giraud, un agriculteur et intervenant sur le plateau, a fait une analogie humoristique sur les marques, suggérant que l’animateur avait peut-être appliqué une règle similaire à celle requise pour les mentions de marques dans les médias.
Enfin, des questions persistent quant aux motivations de la diffusion de cette séquence. Certains, comme l’avocat Sandrine Pégand, ont suggéré qu’il pourrait s’agir d’une stratégie pour générer du buzz autour de l’émission, surtout considérant qu’elle n’était pas diffusée en direct.
Ce débat met en lumière les tensions persistantes autour de la laïcité et de la liberté d’expression dans les médias français, et soulève des interrogations sur la manière dont les références religieuses sont perçues dans le cadre de la culture populaire. La société française semble ainsi à la croisée des chemins, tiraillée entre respect des croyances et volonté d’inclusion.