Retraités français : vivre au chaud pour réduire sa facture d’énergie

Face à la montée des coûts de l’énergie, de plus en plus de retraités français choisissent de s’expatrier vers des destinations ensoleillées, réduisant ainsi leurs dépenses liées au chauffage et à l’électricité.

EN BREF

  • Les retraités fuient la hausse des coûts de l’énergie en hiver.
  • Maroc, Espagne et Portugal sont les destinations privilégiées.
  • Vivre à l’étranger permet de réduire les factures de logement et d’énergie.

Avec une facture d’électricité qui peut atteindre des sommets, certains retraités français font le choix audacieux de quitter leur domicile pendant l’hiver. Ce phénomène, qui s’inscrit dans un contexte de hausse durable des prix de l’énergie, incite de nombreux seniors à rechercher des alternatives plus économiques. Le principe est simple : vivre dans un pays plus chaud et réduire les coûts liés à l’énergie au maximum.

Les destinations les plus prisées par ces retraités sont le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Selon les informations fournies par le site Escales de France, un couple peut y vivre confortablement pour un budget allant de 700 à 1 000 € par mois au Maroc, et de 1 100 à 1 200 € en Espagne ou au Portugal. Ces montants sont souvent presque deux fois inférieurs à ceux constatés en France, offrant une solution viable pour ceux dont le budget est devenu serré.

Les données de la Commission de Régulation de l’Énergie et de l’Insee révèlent qu’en passant son logement en mode hors-gel pendant quatre mois, un ménage peut voir sa facture d’énergie annuelle réduite de 40 à 50 %. En combinant cette économie à un coût de la vie divisé par deux dans des pays comme le Maroc, le total des dépenses liées au « logement + énergie » pourrait théoriquement atteindre un quart de ce qu’il serait en France. Ce modèle rappelle l’« hivernage » prisé par l’aristocratie britannique au XIXe siècle, qui fuyait le froid des mois d’hiver pour profiter du climat plus clément de la Côte d’Azur.

Pour maximiser ces économies, les experts recommandent de suivre quelques conseils pratiques. Par exemple, il est conseillé de vidanger les circuits d’eau extérieurs, de régler la chaudière sur « hors-gel » et de débrancher tous les appareils électriques. Il est également crucial de prévenir son assureur si le logement reste inoccupé plus de 60 jours. Une précaution nécessaire pour éviter d’éventuels problèmes liés à l’humidité et aux moisissures.

Le site Ulysse estime qu’environ 30 000 retraités français choisissent chaque hiver le Maroc comme destination, tandis que 60 000 y résident à l’année. Les campings et aires dédiées aux camping-cars, qui offrent des tarifs attractifs de 15 € par nuit avec électricité, sont des options de plus en plus populaires. Le coût de la vie au Maroc est estimé inférieur de 35 à 40 % par rapport à la France, avec un budget mensuel variant de 700 à 1 600 € selon le confort souhaité.

L’Espagne et le Portugal, quant à eux, attirent également les seniors. Ces pays affichent un coût de la vie 20 à 30 % inférieur à celui de la France dans de nombreuses régions. Pour un couple, un budget d’environ 1 100 € par mois en Espagne et 1 200 € au Portugal est souvent suffisant, en dehors des capitales très chères. Ces destinations offrent un bon compromis entre climat agréable, système de santé européen et factures plus légères.

Lorsque des couples appliquent l’« hivernage thermique » décrit par la CRE et l’Insee, ils peuvent réduire leur facture d’énergie annuelle de moitié, voire plus, en éliminant les consommations en veille. Si, en plus, ils passent quatre mois dans un pays où le coût de la vie est divisé par deux, leur part « logement + énergie » peut tomber autour d’un quart de ce qu’elle serait en France.

Cependant, il est essentiel de noter que les billets d’avion, l’assurance santé internationale et le carburant pour les camping-cars viennent grignoter une partie des économies réalisées. De plus, tout le monde n’est pas prêt à changer de pays plusieurs mois par an. Quoi qu’il en soit, pour les retraités ayant un budget limité et capables de bien s’organiser, cet « exil thermique » vers le Maroc, le sud de l’Espagne ou le Portugal représente une réponse tangible à l’augmentation des coûts énergétiques en France.