Le constat est alarmant : le plastique continue d’envahir les rayons des supermarchés, malgré les engagements pris par les autorités. Dans un rapport publié le 5 mai dernier, les associations Que Choisir et No Plastic in My Sea dénoncent la persistance de l’emballage plastique, notamment pour les fruits et légumes.
EN BREF
- Les associations dénoncent la prolifération du plastique dans les rayons.
- 60% des fruits et légumes non bio sont vendus emballés en supermarché.
- Les consommateurs sont appelés à privilégier le vrac et l’eau du robinet.
La loi Antigaspillage, promulguée en 2020, imposait une réduction de 20 % des plastiques à usage unique d’ici fin 2025. Cependant, le rapport met en lumière l’absence de progrès significatif, en particulier dans le secteur des boissons et des eaux en bouteille, qui représentent près de 40 % des plastiques à usage unique.
Camille Wolff, chargé de campagne pour No Plastic in My Sea, a souligné lors d’une intervention sur RMC que le rayon des eaux minérales est particulièrement problématique. Il a noté qu’il s’agit du premier rayon plastifié en France, et a regretté le manque d’efforts pour réduire cet emballage jugé accessoire par rapport à la qualité de l’eau du robinet disponible dans de nombreuses communes.
Une étude révélatrice sur les fruits et légumes
Le rapport se penche également sur les fruits et légumes, en examinant spécifiquement des produits tels que les pommes de terre, oranges, pommes, carottes et tomates. Il en ressort que 60 % des produits non bio sont vendus emballés, principalement sous plastique. Pour les produits bio, ce chiffre atteint même 91 %, dont la moitié est également emballée dans du plastique. À l’opposé, 90 % des fruits et légumes sont proposés en vrac dans les magasins bio, soulignant une disparité frappante.
Wolff a exprimé son inquiétude face à ce retour en force du plastique pour des produits qui n’en ont pas besoin. Il a contesté les arguments avancés par certains acteurs de la grande distribution, qui estiment que les fruits pré-découpés en barquettes incitent les consommateurs à adopter une alimentation plus saine. « Je pense que les Français n’ont pas besoin qu’on leur coupe leurs tomates pour réussir à les mettre dans leur salade », a-t-il affirmé, tout en remettant en question l’impact réel de cette offre sur les ventes.
La voix des consommateurs et des acteurs associatifs
Les consommateurs ne sont pas en reste et expriment leur frustration face à cette situation. Jean-Pierre, un retraité, témoigne de son désarroi lorsqu’il se retrouve contraint de choisir de l’eau en plastique faute d’alternatives en verre. « Il n’y en a pas! Pas ici en tout cas. Donc, je vais prendre de l’eau sous plastique », déplore-t-il.
Du côté des associations, des voix comme celle de Florence Ducroquez, présidente de « Champ d’Action », demandent à la grande distribution de respecter ses engagements en matière de réduction du plastique. Elle met en avant l’influence persistante des lobbys et des groupes industriels qui continuent de promouvoir l’utilisation de plastiques, malgré un cadre législatif existant. « Les lois ont été votées pour qu’elles soient applicables en 2025, fin 2026, et elles ont été reportées à 2030 », a-t-elle dénoncé.
En attendant, la recommandation consiste à privilégier les fruits et légumes en vrac et d’opter pour l’eau du robinet, une alternative plus respectueuse de l’environnement.
Pour sa part, Coopérative U a reconnu les difficultés soulevées par l’étude, tout en promettant de continuer à travailler sur l’évolution des modes de vie qui entraînent un suremballage. Le groupement souligne son engagement à réduire l’utilisation de plastiques dans ses rayons.