Cancer : démystification de trois idées reçues pour mieux le prévenir

Les idées reçues sur le cancer continuent de circuler, parfois au détriment de la santé publique. Pour en éclaircir certains aspects, le Pr. David Khayat, cancérologue et chef du service d’oncologie médicale à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, démêle le vrai du faux. Dans son ouvrage Les gestes qui changent tout !, il insiste sur l’importance d’une éducation basée sur des sources scientifiques afin de mieux prévenir cette maladie qui touche un nombre croissant de personnes chaque année.

EN BREF

  • Trois idées reçues sur le cancer remises en question par un cancérologue.
  • Une attention particulière aux symptômes chez les jeunes, souvent négligés.
  • Importance d’un régime alimentaire équilibré pour la prévention du cancer.

Le Pr. Khayat met en garde contre certaines certitudes héritées des générations précédentes et amplifiées par les réseaux sociaux. Ces croyances erronées peuvent détourner les individus de comportements préventifs essentiels. « Oubliez tout ce que vous croyez savoir à propos du cancer, et éduquez-vous uniquement auprès de sources scientifiques », recommande-t-il.

Mythe n° 1 : Le cancer est une maladie des personnes âgées

Une idée reçue fréquente est que le cancer ne toucherait que les personnes âgées. Les données statistiques, bien que montrant un âge médian au diagnostic de 70 ans chez les hommes et 68 ans chez les femmes en 2024, cachent une réalité inquiétante. En effet, l’incidence du cancer colorectal chez les moins de 40 ans a augmenté de 1,5 % par an entre 2000 et 2020. Le Pr. Khayat souligne que les symptômes chez les jeunes sont souvent négligés, ce qui retarde le diagnostic et réduit les chances de guérison. Il est donc essentiel de ne pas banaliser des manifestations comme des troubles digestifs persistants, des saignements inexpliqués ou des douleurs. Une vigilance accrue est nécessaire.

Mythe n° 2 : Le cancer est principalement héréditaire

Une autre idée reçue concerne l’hérédité, souvent perçue comme la principale cause du cancer. Bien que certains cancers aient une composante génétique, comme dans 5 % à 10 % des cas de cancers du sein et de l’ovaire, la majorité des cancers sont attribuables à des facteurs environnementaux et comportementaux. Selon le Pr. Khayat, environ 25 % à 30 % des cas de cancer seraient dus à des comportements individuels tels que le tabagisme, l’alcoolisme et l’obésité. Le dépistage préventif est donc primordial. Les programmes de dépistage organisés pour le cancer du sein, du côlon et du col de l’utérus ont considérablement réduit la mortalité, prouvant que le dépistage peut sauver des vies.

Mythe n° 3 : Un régime végétarien protège automatiquement contre le cancer

Enfin, concernant l’alimentation, le Pr. Khayat signale que si les régimes végétariens peuvent réduire le risque de certains cancers, cela ne signifie pas que toutes les alternatives végétales sont saines. L’émergence de produits ultra-transformés, tels que les burgers de légumes ou les steaks de soja, pose question. Bien que ces produits soient souvent perçus comme sains, leur composition peut être trompeuse. Il conseille de privilégier des aliments végétaux bruts comme les légumes, les légumineuses et les céréales complètes, qui garantissent un bon équilibre nutritionnel.

En somme, le Pr. Khayat appelle à une réflexion critique concernant les idées reçues sur le cancer. Une éducation basée sur des informations vérifiées et des comportements responsables peut faire la différence dans la prévention de cette maladie. Une vigilance envers sa santé et une alimentation équilibrée sont des étapes clés pour combattre le cancer efficacement.