Dans le cadre d’une sensibilisation accrue aux risques de cancer, le Pr Khayat, cancérologue et chef du service d’oncologie médicale à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, met en lumière des habitudes quotidiennes qui pourraient avoir un impact significatif sur la santé. Bien que certains facteurs de risque, tels que le tabac et l’alcool, soient déjà bien établis, d’autres éléments, souvent ignorés, méritent également notre attention.
EN BREF
- Le tabac et l’alcool sont responsables de 26,5 % des cancers.
- La consommation de viande rouge augmente le risque de cancer colorectal.
- Des produits contenant des PFAS sont à éviter en raison de leur cancérogénicité.
Le Pr Khayat rappelle que, selon des études, jusqu’à 70 % des cancers pourraient être évités par l’adoption d’une hygiène de vie saine. Cela inclut la réduction de la consommation de tabac et d’alcool, qui représentent respectivement 22 % et 4,5 % des cas de cancer. Toutefois, il existe d’autres comportements qui méritent d’être examinés de près.
Les dangers de la viande rouge
Une méta-analyse de 2023 a révélé que les individus consommant plus de 500 grammes de viande rouge par semaine présentent un risque accru de 9 % de développer un cancer colorectal. Le Pr Khayat souligne que des études ont également établi un lien entre la consommation de viande rouge et des cancers du pancréas et de la prostate.
Le fer, abondant dans ces viandes, favoriserait la formation de radicaux libres, des molécules instables et réactives qui pourraient provoquer des mutations cancérogènes. De plus, ce minéral stimulerait l’inflammation et faciliterait la vascularisation des tumeurs. Pour minimiser ces risques, le cancérologue conseille une technique simple : retirer le sang de la viande avant cuisson, ce qui permet d’éliminer l’hémoglobine et le fer. Ainsi, les viandes halal et casher pourraient théoriquement être moins cancérogènes.
Les produits chimiques à éviter
Une autre préoccupation concerne les composés per- et polyfluoroalkyles, ou PFAS, utilisés dans l’industrie pour leurs propriétés antiadhésives et résistantes à la chaleur. Le PFOA, classé comme cancérogène avéré, et le PFOS, considéré comme cancérogène possible, sont fréquemment présents dans les revêtements antiadhésifs des poêles en Téflon. En cas de cuisson à haute température, ces revêtements peuvent être endommagés, libérant ainsi des substances toxiques.
Le Pr Khayat insiste sur l’importance de se débarrasser des poêles en Téflon rayées ou abîmées, ainsi que de celles âgées de plus de cinq ans. Pour une alternative plus sûre, il recommande d’opter pour des ustensiles en acier inoxydable ou en fonte, qui n’ont pas les mêmes risques associés.
En conclusion, même si il est difficile d’éliminer totalement tous les facteurs de risque liés au cancer, adopter une approche pragmatique et réduire la consommation de certains aliments et produits peut significativement diminuer les probabilités de développer cette maladie. Changer ses habitudes alimentaires et de cuisson pourrait donc avoir un impact positif sur votre santé.