Canicule de juin 2023 : près de 6 000 décès en excès en France

La canicule exceptionnelle qui a frappé la France à la fin du mois de juin 2023 a entraîné un excès de mortalité sans précédent depuis celle d’août 2003. Selon les données publiées ce mercredi 22 juillet par Santé publique France (SpF), près de 5 764 décès ont été attribués à cet épisode caniculaire, qui a touché toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, avec une incidence particulièrement forte en Île-de-France.

EN BREF

  • 5 764 décès en excès observés entre le 17 juin et le 2 juillet
  • Les températures ont atteint des niveaux record dans plusieurs villes
  • Les personnes âgées de 75 ans et plus représentent les deux tiers des décès

Les journées des 24 et 25 juin ont été marquées par des températures historiquement élevées, atteignant en moyenne 30 °C sur 24 heures. Météo-France a enregistré des pics remarquables, avec 42,5 °C à Bordeaux, 40,1 °C à Paris, et jusqu’à 43,8 °C à Saintes.

Le rapport de SpF détaille que l’excès de mortalité s’est manifesté de manière significative à partir du 22 juin, avec un pic alarmant constaté le 26 juin. Plus de la moitié des décès en excès ont été concentrés sur une période de trois jours, du 25 au 27 juin.

Cette canicule a touché divers groupes d’âge, mais les personnes âgées sont particulièrement affectées. En effet, les individus de 75 ans et plus représentent les deux tiers des décès en excès, totalisant 3 719 décès. Pour les tranches d’âge intermédiaires, les décès ont augmenté de 55,4 % chez les 45-64 ans, et de 29,6 % chez les 15-44 ans.

Toutes les régions de France ont enregistré un excès de mortalité, à l’exception de la Corse, de l’Occitanie et de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui ont été moins exposées à la chaleur. L’Île-de-France demeure la région la plus touchée, avec 1 999 décès en excès, soit une augmentation de 81,2 %. D’autres régions, telles que le Grand-Est et les Pays de la Loire, ont également enregistré des hausses significatives de la mortalité.

Les décès ont été observés dans divers types de lieux, notamment les établissements hospitaliers, les domiciles et les EHPAD. Sur les 21 674 décès recensés pendant cette période, 46 % des décès ont eu lieu en milieu hospitalier, 34 % à domicile, et 16 % en EHPAD.

Un rapport antérieur du ministère de la Santé avait évalué à 15 000 le nombre de décès supplémentaires lors de la canicule d’août 2003. À l’époque, les établissements de santé n’étaient pas préparés à faire face à de telles vagues de chaleur. Pascal Champvert, ancien président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées, se souvient que la société n’était pas équipée pour comprendre les dangers liés à la chaleur.

Depuis, un dispositif national de gestion des vagues de chaleur a été mis en place pour mieux anticiper et limiter les impacts sanitaires de ces événements climatiques extrêmes. Alors que l’été se poursuit, Santé publique France prévoit de publier une estimation finale de l’excès de mortalité consolidée à la fin de la saison estivale.